Wreckless Eric et moi (une dizaine d’années plic-ploc)

Chris Knox et Grand Fred

La fois où l’on est parti à Gand pour aller voir Tall Dwarfs, des Néo-Zélandais-Bidouilleurs qui étaient chez Flying Nun Records. LE label des antipodes et des années 90 (Clean/Bats/
Verlaines/Jean-Paul Sartre experience). Tall Dwarfs, pour moi, c’était Chris Knox. J’avais tous les cd de Chris Knox et de Tall Dwarfs.

Dans les années 90, j’allais souvent chez des amis néo-zélandais, émigrés en Provence pour raisons professionnelle (la bande dessinée) et climatique (ils avaient d’abord débarqué à Bruxelles). Colin et Janet m’avaient déjà parlé de Chris Knox qu’ils avaient bien connu à Auckland (ou à Melbourne, je ne m’en souviens plus).
Dans la Peugeot 405 break gris métallisé, il y avait Grand Fred. Les autres, m’en souviens plus. Concert en hiver. Deux néo-Zélandais, shorts et tongues, sur scène. Bidouillage de pédales et de Casio. Concert lumineux suivi d’une séance de dédicaces. Quand je me retrouve devant Chris Knox, il m’explique qu’il n’y a plus de cd, que le reste du stock, il le garde pour le concert du lendemain à Köln (ou Aachen). Là, je lance mon va tout dans un anglais chaotique: Je suis un ami de Colin et Janet. Yes ! Ils ne m’avaient pas raconté de conneries (Bon, je leur ai offert le cd lors du voyage suivant).
Le lendemain, je téléphone à Eric qui habitait alors à Köln ou Aachen (m’en souviens plus). Je lui parle de Tall Dwarfs, lui dit que ça devrait lui plaire au nom de la confrérie des Grands Bidouilleurs (ça, je ne lui dis pas mais je le pensais très fort).
Le surlendemain, coup de fil enthousiaste de Eric. Ils avaient passé la nuit à discuter, Chris Knox et lui, à Köln (ou Aachen).

Billy Childish et le chauffeur fou

Là fois où l’on est parti voir Eric avec Antonia  (toujours Wereclless Eric, pas encore Eric Goulden) quelque part dans le Limbourg flamand. Concert dans un centre culturel tout neuf. Retrouvailles. Après le check sound, l’organisateur  propose de nous conduire à quelques kilomètres de là, histoire de manger avant le concert. Je laisse la 405 à l’entrée du patelin (village? bled? bourg? mini-ville?).

On se retrouve dans un mini-bus beige made in pays de l’Est, banquette conducteur 3 places en porte à faux sur le train avant, moteur 2 temps, bruit de mobylette. Au volant, un rouquin à cheveux longs très très très jeune qui se prend pour Ayrton Senna (on est entre 1992 et 1995). Repas cool dans un resto-cantine tout neuf au look de salle de fêtes.
Le rouquin tout en jean vient nous reprendre, encore plus fou, au volant de son minibus à bruit de mobylette. On se regarde tous les trois, sourires crispés. Le jeune mec et quelques mots en français: « Pas peur, pas problème ».

On arrive à l’entrée du patelin à fond la caisse dans la rue principale où est parquée, sur la droite, à une centaine de mètres, une Peugeot 405 break gris métallisé. En face, devant nous, à l’autre bout de la rue, une Audi. On se regarde tous les 3 pétrifiés. Le rouquin speed: « Pas problème, pas peur ». L’Audi est là, juste en face. Le rouquin chevelu sert sur la droite, l’Audi passe, bruit de frottement métallique sur la droite du minibus. Le rouquin fou me regarde, triomphant: « Pas problème ». Moi, furax: « Connard, that’s my car! ».

On stoppe, on sort, on apprécie les dégâts sur le coté gauche de la 405 avec un rétro qui pendouille. Eric engueule le mec avec des mots en anglais qui clachent, crachent.
Le rouquin a les joues de la même couleur blanc-cassé que son minibus-mobylette. Eric vient me trouver: « Michel, il faut que tu m’excuses pour ce qui va suivre ». Il s’écroule de rire. Fou rire 1.
Coup de fil à mon assureur, à propos du constat.
-Michel, tu dois cocher la bonne case. Ou tu es propriétaire de la voiture accidentée, ou tu étais dans la voiture qui a provoqué l’accident. C’est pas compliqué!
-Marc, écoute… c’est pas si simple.
Je lui explique.
Fou rire 2. Avec l’organisateur et le rouquin blême qui se ramènent pas vraiment hilares. Problème! Le rouquin n’a pas 18 ans, pas de permis.
Fou rire 3. Va vraiment falloir trafiquer le constat!

Après, les Headcoatees, puis les Thee Headcoats (avec Billy Childish), puis Wreckless Eric. Devant, il y a un ado blond qui danse très psyché, avec les bras qui ondoient horizontalement, la nuque qui se balance lentement de droite à gauche. Eric stoppe son set (il est accompagné par des membres des deux groupes précédents), engueule le mec blond avec la tête et les bras qui bougent tous seuls  « parce qu’on ne danse pas comme ça sur mes chansons ».

En 2005, lors de son second concert à La Zone, il y a un mec, au premier rang, qui n’arrêtait pas de parler à sa copine. Eric coincera le dessus du manche de sa guitare tout contre la glotte du mec, tout en continuant de jouer. Le mec s’est cassé.

Les culs serrés de la Fondation Cartier

Quand il a téléphoné hilare en disant qu’il allait devenir une star branchée parce qu’il jouait un mois plus tard à la fondation Cartier. Un jeune vidéaste y exposait ses œuvres et, à ce titre, avait le droit d’inviter un artiste emblématique, référentiel. Cette carte blanche, c’était pour Wreckless Eric. Je ne me souviens plus si il habitait encore en France, en Allemagne, ou ailleurs.
Les années 90… ça, j’en suis sûr.
Un mois plus tard, Liège-Paris, la fondation Cartier. Concert dans le bunker transparent. Détestant me retrouver seul au milieu des gens en général (et en particulier dans ce genre de Milieu Prout-Prout), j’avais battu le rappel des parisiens « de la bd » fans de Wreckless Eric.  Jean-Christophe Chauzy était là, Loustal n’était pas à Paris ce soir-là (Loustal avait des dispositions naturelles à voyager sous les Tropiques et les palmiers). Les gens autour de nous représentaient, je me répète, la faune type vernissage-prout-prout (Exemple: Agnes B.)

Il n’y avait pas vraiment de scène. L’orgue fuchsia tunée de Eric (Farfisa ou Hammond?), ses guitares. Devant, côté orgue, à droite, deux fans et Ina, sa compagne allemande. Derrière, en arc de cercle, assis sur des chaises design, la tribu Prou-Prout. Le concert commence. Un morceau. des chuchotements insistant pour que les deux mecs et la fille de devant s’assoient. Un second morceau avec petits regards narquois de Eric qui avait pigé le manège des culs serrés.
Premiers mots, en français, avec accent english forcément prononcé.
Eric: Oww, je suppose, qu’ici, à Paris, je peux parler anglais?
Culs serrés: Yeah!
Eric, en anglais: Bande de cons, c’est un concert de rock ici. Alors, vous faites comme les trois, là. Vous levez votre putain de cul!

Toni, La Luna

La première fois, c’était chez un disquaire de Louvain la Neuve en 1978-1979, je crois. Je crois que c’est la pochette qui a servi de déclic, et le format. Un 25 cm, 8 titres. Et la dégaine du mec avec son costume moucheté, sa Rickenbacker, son sourire triomphant. Et le vinyle d’une couleur indéfinissable. Çà devait être au moment de London Calling, du second Talking Heads, du premier Devo qu’on trouvait dans 4 coloris différents (avant, j’avais acheté le 45 tours reprenant Mongoloïd, super pochette).
Il y avait le son, aussi. Un rock tranchant, au cuter mais mélodieux, limite pop pour certains morceaux. Sa voix de gouape teigneuse. Un truc vraiment 100% made in England. Ça sortait du cliché punk à crête sucrée, on sentait toute une culture rock derrière. Un retour aux basiques pas du tout pastiche nostalgique. Après, j’ai continué avec ses albums chez Stiff records. Le premier 45 tours que Stiff a sorti reprenait un morceau de Elvis Costello en face A et un morceau de Wreckless Eric en face B.

La première fois, pour du vrai, c’était à Liège, au milieu des années 80. La Luna, en face de La Casa. Toni (fondateur de La Luna, de Pirata concerts) m’a proposé de faire venir Wreckless Eric. J’en ai parlé à un ami, Jacques de Pierpont (rock à gogo), qui a utilisé tous ses contacts dans le monde du rock. Je crois que c’est un journaliste anglais (un mec qui s’appelait Jonathan) qui nous a dit qu’Eric n’était plus à Londres, un autre mec nous a précisé qu’il habitait Paris. Des mois avant de retrouver sa trace. Je crois que c’est Toni qui a pris le relais (bonjour Toni).
Entre Louvain la Neuve et Liège, il y a eu quelques années rudes, sans pognon, sans acheter de disques. J’avais loupé la période post Stiff records. Complètement loupé les deux albums du Lem Bright Combo.

Je me souviens qu’après le sound check, deux bonnes heures avant le concert, Toni m’a proposé d’aller manger un morceau avec Eric. Cadeau.
Le fan transi, nul en anglais, la groupie énamourée face à sa mythologie personnelle. Une vision du rock qui allie vraie guitares et bidouillages. C’est comme si je rencontrais Lou Reed ou John Cale, ou Joe Strummer, ou Animal Collective. On s’est retrouvé dans un bistrot de la rue Cathédrale (style le plus vieux bistrot de Liège), il a bu de l’eau pétillante. Il a commencé à jeter sa set list sur un bout de papier, m’a demandé ce que je souhaitais qu’il joue comme morceaux. Arrrrrrrgl! Il se débrouillait vachement bien en français. Il me reste une V.H.S. avec le concert filmé… sans le son.

La fois suivante, on s’est retrouvé à Paris, dans une brasserie. Il était avec sa fiancée de l’époque (Laurence?), moi aussi. J’en suis venu à lui parler de Vuillemin. Il m’a dit qu’il le connaissait. Vuillemin et Wreckless Eric, YEAH!
La dernière fois que je l’ai vu, c’était à La Zone, en 2005. Il m’a reproché de ne toujours pas parler anglais, je n’allais pas lui expliquer ma timidité maladive face aux langues « étrangères ».

Wreckless Eric, en vrac (1)

Je me souviens, dans les années 80, loger chez M, dans le Marais. Y avait pas encore de portable et j’avais filé le fixe de M à Eric, qu’on s’arrange pour notre rencard à Paris. Quand je suis arrivé à l’appart, M m’a ouvert la porte:
-Wowww! Hé, tu connais Wreckless Eric? Il a téléphoné pour toi.
Ca m’a toujours fait chier les gens qui me disaient:
-Wowww, c’est incroyable… tu connais Wreckless Eric!
Et qui ne venaient pas à ses concerts et qui riaient jaune quand je leur disais:
-Mais qu’est-ce que t’attends pour le produire!
M était producteur dans une grosse maison de disques. Après, il monterait son propre label.

001 (2)

Je me souviens, au début des années 90,  qu’on faisait de l’air guitar (bien avant que le concept existe) sur du Led Zepplin devant le miroir de la salle de bain, rue Sainte-Marguerite. Les filles (Ina et Flo) se moquaient amoureusement de nous. Je me souviens que la nuit suivante, les lattes de leur sommier ont pété au-dessus de nos têtes (leur chambre étai au-dessus de la nôtre). Chorale de fou rire sur deux étages. Cette fois-là, je crois qu’on avait casé Le Petit et Le Grand chez des amis (les grands parents?).

Je me souviens du Petit, fin des années 90, qui frimait sur sa batterie parce que Eric (et le groupe) logeait à la maison, alors qu’il n’y touchait jamais. Comme tout père irrespectable, je rêvais que mes fils (au moins un!) fasse du rock. Nada!
Pendant ce séjour, au bout de deux jours, coup de sonnette. Deux flics à la porte. Des voisins leur avaient téléphoné parce qu’il y avait une voiture immobilisée dans la rue depuis 2 jours, avec une plaque étrangère (française, anglaise ou allemande, m’en souviens plus).
Les flics nous ont dit que la plainte venaient des turques qui habitaient à cent mètres. Fou rire.

001
Je me souviens de la dernière fois où je l’ai vu. C’était en 2005, à La Zone. On s’y est pointé à 3, avec ma bande. L e Petit, Le Grand et moi. C’est la fois où il a mis son manche de guitare sous la glotte du glandeur du premier rang. Il n’était plus avec Ina. Sa nouvelle madame, Amy, était américaine. Nous, les trois mecs, on était célibataires.
On a résumé nos vies depuis « la dernière fois précédente », on a ri. Il m’a reproché mon ignorance de l’anglais, m’a filé son adresse mail. Le Petit (le batteur, plutôt rocker) voulait se casser avant la fin du concert, Le Grand (plutôt rappeur) voulait tout le concert.

Vuillemin et le professeur Choron

1993. Dixième anniversaire de la librairie « La marque jaune », belle excuse pour inviter Vuillemin et Wreckless Eric, puisque Eric m’avait dit le connaitre quand on s’est vu la première fois à Paris. J’ai rien dit à Vuillemin. Surprise! Autre excuse, Vuillemin illustre « Les chansons du professeur Choron ». Et hop, on met Choron dans le package.
Programme: séance de dédicaces l’aprem à la librairie/ concert en soirée au Cirque divers.

Flash back 1. Trois ou quatre jours avant, Choron me sonne: il avait paumé son aller et retour TGV. Okay, je lui en renvoie un par express.

J’avais déjà rencontré Vuillemin plusieurs années auparavant.  Avec Choron, on invitait tout le mythe Hara Kiri. Leur bouquin commun n’était qu’un prétexte. Pas terrible du tout ce livre mais je m’en fichais. Y avait une grosse partie de ma mythologie personnelle qui venait à Liège. Le pied! Et apparemment, ils se connaissaient sauf que.

Choron, lui, entretient son mythe, accompagné par une très jeune madame en jupe qui a l’air fort soumise. Dans le public, une jeune mademoiselle en froc fort fort timide. Une vraie fan du professeur. Le dit professeur quitte son public et me demande s’il peut donner un coup de fil à Paris. Bien sûr prof! Prend le téléphone qui est là, juste à côté de moi.
Lui à son interlocuteur parisien: Non, non… ça s’est arrangé… le libraire a été assez con, il m’a repayé un aller et retour!
Moi à moi-même: Putain, je vais me le faire… c’est vraiment une journée de merde! Déjà que ça avait mal commencé sur le quai de la gare…
Peu après, je vois la groupie en froc qui est toute pâle. Choron venait de lui dire, alors qu’elle faisait dédicacer son album, qu’une fille, ça portait des jupes! Quand j’arrive près de la table de dédicaces, c’est pour entendre le vieux con vanter son passé militaire en Indochine. Là, je me suis dit que, journée de merde pour journée de merde, un objecteur de conscience qui cassait la gueule d’un anarchiste de droite, ça le ferait!
Ma fiancée: Tire-toi, va rejoindre Eric au Cirque divers. Je m’occupe de tout ici.

Flash back 2. Ce samedi-là, en fin de matinée à la gare des Guillemins. Je rejoins Choron et Vuillemin à leur descente du TGV.
Moi, guilleret, à Vuillemin: J’ai une surprise pour toi!
Vuillemin souriant: Ah oui, c’est quoi?
Moi: Quelqu’un que tu connais super bien… Wreckless Eric joue ce soir!
Vuillemin vraiment fâché: Putain, ce con… il m’a piqué ma guitare et ma meuf!

Avant le concert, on a mangé  à la maison avec le groupe. Les deux parisiens dans un resto. Le groupe logeait rue Sainte-Marguerite, les deux autres à l’hôtel Ibis.
Moi, pour le concert, j’étais forcément un peu tendu. Pendant le concert, c’était pas mieux. Michel Antaki, le boss du Cirque divers, venait me demander qu’on diminue le son à chaque morceau. Et je faisais semblant d’aller parler au mec du son à chaque morceau.
Pas vraiment profité du concert sauf.
Sauf quand Choron est monté sur une table une fois, deux fois, trois fois en récitant des phrases pseudo poético-provocatrices. A la troisième fois, le groupe stoppe net son set.
Eric: Écoutons le vieil homme… Vieil homme, raconte-nous ton histoire!
Choron et Vuillemin se sont cassés fissa, Antaki a continué avec le son. Chouette concert. Fort!

Je n’ai jamais parlé à Eric de l’histoire de la guitare et de la meuf à Vuillemin. La meuf… la fille qui l’accompagnait dans la brasserie à Paris?

Le sorcier-bidouilleur de sons

Il y a ce concert à l’AB, à Bruxelles, un dimanche après-midi, et Jacques de Pierpont en monsieur Loyal. Rien que du bon. Giant Sand, the Feelies et Werckless Eric. Il y avait un autre groupe, m’en souviens plus. Et l’ordre de passage, m’en souviens plus non plus.

Giant Sand. Je les découvrais, Grand Fred était fan. Chouette concert du duo. je les écoute toujours. Et OP8, et Calexico.
The Feelies. Un de mes groupes cultes, du vrai rock indie. Deux albums aaaaaargl. Le set s’arrête après deux morceaux, silence gênée sur scène. Le chanteur quitte la scène, les autres le suivent un à un. Scène déserte. Ça parle backstage, ça traîne près de 20 minutes. Et puis, le batteur tétanisé, raide comme un piquet, prend le micro à son tour. Chante. Le set reprend, crispé. On apprendra plus tard que le chanteur, le premier, le vrai, s’était pris une solide crise d’angoisse.
Wreckless Eric. Le batteur passe son temps à tourner autour de sa batterie avec un gros rouleau de scotch. Faut dire qu’il a fait fort. Il a remplacé la caisse claire, un tom, par de bêtes boîtes en carton. Dans chaque boîte, un micro et des clous qui dansent sous les coups de baguettes.  Et le batteur qui doit rafistoler ses caisses en carton explosées tous les deux morceaux avec sa bande scotch. Un son bizarre, sourd. On l’entend dans l’album “The beat group électrique”. Une idée d’Eric Goulden alias Wreckless Eric.

Il y a cette discussion entre Eric et son batteur, rue Sainte-Marguerite, en 1993, quelques heures avant un concert à La Zone. Eric essaye de persuader Fabrice qu’en mettant un micro au plafond et un second au sol, ils créeraient une distorsion intéressante. Il y a l’orgue Hammond (Farfisa?) complètement tunée en machine de bruitages distortionnés digne de figurer dans l’imagerie Steampunk. Il y a cette soirée, rue Sainte-Marguerite, où Ina, sa compagne, plasticienne, se marre parce qu’elle avait vendu une série de ses dessins à la Deutsche Bank. Et que ces dessins représentaient une série d’objets « musicaux » inventés/bidouillés par Eric. Et que ça lui avait ramené un beau paquet de pognon. Bien plus que ce que la musique  ramenait à son mec.

Wreckless Eric Goulden, en vrac (2)

La fois où Toni a fait venir Jonathan Richman à Liège, qu’il m’a proposé qu’Eric vienne aussi, qu’Eric était d’accord, que le management de Richman a refusé.
La  fois où Jacques de Pierpont a invité Eric pour une interview dans son émission « Rock à gogo », qu’ils se sont pointés à 3 dans le studio pour y jouer live.
La fois où on les quitte rue Sainte-Marguerite, qu’on voit le combi VW s’éloigner, qu’on décide de se balader, qu’on revient. Le combi bleu avait repris sa place devant la maison.

Eric habitait Aachen (ou Köln, me souviens plus). Un concert avec le mec des Modern Lovers, le rêve. Ils avaient été tous les deux , l’un à Londres, l’autre à New-York, immergés dans le punk. Avec les années, ils restaient des pratiquants du « Do it yourself ». Des mecs capables de faire de la musique avec de la pluie, de grands mélodistes. L’un profondément british, l’autre, espèce d’équivalent made in USA.
Jacques de Pierpont attendait Eric pour l’interview. Du bruit dans les couloirs de Reyers. Ils débarquent avec tout le matos, le technicien à la table de mix n’était pas chaud. Ils ont pris tout en main. Do it yourself, toujours!
Quand ils ont quitté tous les 4 (les 3 + Ina) la rue Sainte Marguerite, après y avoir passé plusieurs jours (un concert à La Zone, au Cirque Divers, à L’Escalier, à La Planète Interdite… me souviens plus), on est partis passer le reste du dimanche aprem chez des copains rue Fond Pirette. Les 4, ils partaient pour un concert au Danemark. Nous deux, on est revenus at home après quelques heures de vin rouge. Le combi bleu était de nouveau là, porte coulissante ouverte. Ils attendaient cool, il n’y avait pas encore de gsm. Ils avaient décidé d’annuler le concert dans les lacs et forêts du Nord, de passer deux jours de plus à Liège.

J’avais bien compris qu’il s’était passé quelque chose de grave quand il nous disait qu’il ne buvait plus, qu’il ne prenait plus rien.

Je me souviens qu’il m’a dit avoir fugué ado pour aller chez Alan Price (The Animals). Je me souviens d’un coup de fil où il m’a dit qu’on envisageait de créer une école rock, style conservatoire du Rock and roll, du côté de Lyon, qu’on lui avait proposé d’être prof, que ça le faisait bien marrer. Je me souviens d’un autre coup de fil où il m’a dit qu’une major voulait le signer (Island?), qu’il avait refusé parce que le boss exigeait qu’il enregistre dans leur studio « 20 000 pistes » alors qu’il voulait faire ça dans son bazar à lui. Do it yourself, encore!
Je me souviens quand Grand Fred s’est pointé rue Sainte-Marguerite -il habitait rue Hullos-,  a offert  un cd de Dump (projet du bassiste de Yo La Tengo) à Eric où figurait la reprise d’un de ses morceaux. Il n’était pas au courant.

Quelques liens
http://thedysfunctionalworldof.blogspot.be/
http://en.wikipedia.org/wiki/Wreckless_Eric

Unlikely but serendipitously matched couple Amy Rigby and Wreckless Eric returning to Johnny D’s

http://wrecklessericofficial.blogspot.be/

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