A propos de 4 bandes dessinées, de rock et de New-York

IMG_0154

Il y a des « trucs » qui vous assomment, vous scotchent. Je ne me lasserai jamais de Lucy in the sky qui sera le berceau de mon attirance irrationnelle pour le psychédélisme qu’il soit rock-kraut-free-électro, de « Heroine/Velvet Underground » et ses guitares rêches à deux ou trois accords maximum et sa rythmique tamtam qui m’emmèneront dans le rock crade-minimaliste-bidouillé tout en me renvoyant aux rythmes africains intra-utérins.
Element of crime. Un film couleur rouille avec des images glauques-surréalistes. Je n’ai jamais voulu le revoir, pas envie de polluer les images de la première fois. Quand je pense à Element, je me revois le voir en soirée au creux d’un automne pluvieux-glacial alors qu’il s’agissait d’une après-midi d’été où je m’étais réfugié dans un cinoch près de la Grand- Place pour échapper à la chaleur. Ah oui, au même moment, j’ai découvert Tapiès et ses couleurs rouilles. Le premier, avec une amoureuse. Le second, grâce à une amoureuse. La même amoureuse dans les deux cas. C’est une histoire qui dura.
(suite…)

En sortant d’une expo de Comes (2012/Liège)

Je n’ai jamais très bien compris le désir de possession en ce qui concernait les planches originales de bandes dessinées. Pas trop de sympathie pour les collectionneurs (sorte d’animal psychorigide/obsessionnel/conservateur). De même, je n’ai jamais très bien compris le principe et l’utilité d’exposer des planches. Le bouquin, rien que le bouquin ! (Bon, okay… pour Comès, je veux bien faire une méga exception).

Pourquoi disserter du pourquoi du comment d’une dizaine de cases recouvrant un A3 quand l’objectif est de balader, d’engloutir le lecteur dans une histoire s’écoulant sur plusieurs dizaines de pages ? Pourquoi briser l’émotion d’un voyage par l’analyse masturbatoire d’un arrêt sur image ?
Pourquoi disséquer l’intro de « Lucy in the sky with diamonds » des Beatles ? Pourquoi se focaliser sur le passage compris entre les 15ème et 18ème minutes de « Element of crime » de Lars von Trier ? Pour moi, démarches typiques du cerveau occidental. Prédominance du raisonnement sur le geste. Je ne les nie pas, je m’en méfie. Je ne les rejette pas, je m’en méfie.

Je crois davantage à la « contextualisation » d’une œuvre qu’à sa dissection. Comment est-elle arrivée là ? Quel est le cadre qui l’a vu naître ? A quel moment de la vie de son auteur a-t-elle surgi ? En quoi sa région natale de Saint-Vith (cantons « rédimés ») a-t-elle acéré le regard de Comes ? En quoi la pratique de la batterie a-t-elle rythmé ses récits ? Quel est le rapport entre la brièveté des coups de baguette sur les cymbales et ses récits au long cours tenant plus de la retraite monastique que de la jam session ?
Mes questions à moi.

Atelier d’écriture 3 (photos/espèce de cadavres exquis) dépôt scam

 Matériel : de 20 à 30 photos amenées par l’animateur (portraits / paysages urbains et ruraux / photos découpées dans des magazines, anodines, lourdes de sens / photos de voyage, personnelles) Déroulement de l’atelier Étape 1 Les photos sont déposées en tas, au centre de la … Continuer la lecture de Atelier d’écriture 3 (photos/espèce de cadavres exquis) dépôt scam

A propos de la création: Bob Dylan

Bob Dylan : Le point de vue (entretien 2009, traduction parue dans Eldorado)

Journaliste :
Disons que vous vous réveillez dans une chambre d’hôtel à Wichita et que vous regardez par la fenêtre. Une petite fille marche le long des voies ferrées en traînant une grande statuette de Bouddha dans un wagon en bois. Un chien à trois pattes la suit. Vous attrapez votre guitare ou votre cahier à dessin ?
Dylan :
Ouah…Ça dépendrait de beaucoup de choses. Surtout de l’environnement. Quelle journée est-ce ? Le ciel est-il gris bleu et sans nuages ou annonce-t-il de la pluie ? Une petite fille qui traîne un wagon avec une statuette dedans ? Je mettrais ça probablement en dernier. Le chien à trois pattes ? Quelle race ? Un épagneul, un bulldog, un chien d’arrêt ? Ça ferait une différence. Je devrais y réfléchir. Ça dépendrait de l’angle à partir duquel je regarde la scène. Deuxième étage, troisième étage, huitième étage ? Je ne sais pas. Peut-être que je voudrais descendre voir ça. Les voies ferrées aussi. Il faudrait que je trouve un moyen de rassembler tout ça. Je suppose que je me demanderais si c’était un présage ou un signe avant-coureur de quelque chose.