Lundi 25/02/2013 22h58


Dehors, dedans: on a marché sur la lune  (falaise de Bandiagara 3/3)

Mardi 23 novembre 2010. Là-haut, 250 mètres au-dessus de la piste sablonneuse de ce matin, plateau lunaire, roche noire comme du goudron. Il est temps de redescendre par l’autre versant, le soleil qui va pas tarder à se casser. Lors de la grimpette, on a croisé un mec avec un casier de bière sur l’épaule, et une gamine qui allait chercher de l’eau avec une bassine là-bas tout en bas. Huit kilomètres aller et retour pour ramener une bière et de quoi se doucher.
On redescend, on longe les villages troglodytes abandonnés des télems, on atterrit dans un village dogon, on s’installe dans le campement. Une bière, deux bières, trois bières (juste avant l’ivresse, une petite pensée pour le mec remontant le casier de bière). On cause sous la pleine lune, dans un campement sans eau et sans électricité.
La lune, comme bougie.
On parle d’elle, elle éclaire tout.

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Vendredi 22/02/2013 14h38

Mardi, 23 novembre 2010  (falaise de Bandiagara 2/3)  

On quitte Banani et on longe la falaise, Joseph et moi. L’Ami-voyageur nous rejoindra, peut-être ce soir, sans doute demain (début d’insolation). Dehors, le soleil de 8 heures du mat avec plein de gosses qui vont à l’école pieds nus dans le sable. Souvenirs d’un gosse à lunettes qui allait à l’école à pied dans 30 centimètres de neige, à Marche en Famenne.

L’école + du soleil, ça change l’enfance ! (suite…)

Jeudi 21/02/2012 19h43

Dehors, ici. Dedans, le Mali 1/3

Dimanche à Banani, le 21/02/2012, au pied de la falaise de Bandiagara, avec un baobab accroché à la paroi 200 mètres plus haut. Envie d’un peu de solitude.
Je choisis le bord d’une marre à la sortie du village pour me fumer une clope (de contrebande, évidemment). Le casque couvrant les oreilles, je fais semblant d’écouter mon I.Pod, histoire qu’on ne vienne pas me casser les couilles. La position favorite du voyeur (un casque et un I.Pod /volume sur zéro, évidemment). (suite…)

Lundi 11/02/2013 13h06

Dehors, ça caille. Dedans, ça va.

Quelques jours que je me disais que je ne voyais pas du tout comment j’allais m’en sortir. D’habitude, avec elle, c’est moi qui commence. Je lui envoie un texte tournant autour d’une journée particulière voire banale. Là, on inverse.
Hé hop, l’illu dans la gueule ! Qu’est-ce que j’allais pouvoir raconter, en face, sur la page de droite ? Je pourrais écrire un truc qui n’a rien à voir, ou prendre un détail et m’en servir comme d’un trampoline, ou écrire un petit texte bien léger voire joyeux. Difficile d’échapper à l’illu : elle s’arrange toujours pour y taper deux ou trois détails tordus (la culotte rose sale de la madame, la couche du bébé, le regard impénétrable du clebs). Et je ne vois aucun détail qui me permettrait d’aller voir ailleurs.
Et je ne vois aucun élément qui me permettrait de plonger dans un océan de légèreté.  (suite…)

Jeudi 07/02/2013 13h56

Dehors, ça brille entre les gouttes de pluie. Dedans, ça couine.

Je croyais que c’était un couple. Un homme et une femme, quoi ! Suis descendu, elle était seule, il s’était cassé. Je remonte, je passe devant la femme seule triturant son gsm.
Là, maintenant, il est revenu. Sont dans mon dos, pas discret de me retourner.
Sauf si je descends à nouveau pour aller pisser… mais ça va faire mec qui a des problèmes de prostate. (suite…)

Vendredi 01/02/2013 18h00

Dehors, c’est entre chien et loup. dedans, c’est le bordel au Mali.

Dans un bistrot, peu avant 18 heures. Gros titre du Soir : exode des Arabes et des Touaregs… suivi, comme toujours, d’une info fragmentée, non contextualisée.
Hého ! D’abord, on arrête d’employer le mot Arabe à toutes les sauces. On recommence. Gros titre du Soir : Exode des Maures et des Touaregs. Voilà !
Il y a deux ans, passage de la frontière marocaine, direction la Mauritanie. Longues file de poids lourds avec le Rav 4 dans le rôle du lutin. On avance par à coups de 20 mètres toutes les 20 minutes. On fait la connaissance d deux mecs du coin (des indigènes, des autochtones, quoi!). Le cul assis sur le sol sec et aiguisé de cailloux acérés, à l’ombre d’un semi remorque, et deux mecs qui tentent de nous vendre quelques services qui faciliteraient notre passage à la frontière mauritanienne. (suite…)