Vendredi 22/02/2013 14h38

Mardi, 23 novembre 2010  (falaise de Bandiagara 2/3)  

On quitte Banani et on longe la falaise, Joseph et moi. L’Ami-voyageur nous rejoindra, peut-être ce soir, sans doute demain (début d’insolation). Dehors, le soleil de 8 heures du mat avec plein de gosses qui vont à l’école pieds nus dans le sable. Souvenirs d’un gosse à lunettes qui allait à l’école à pied dans 30 centimètres de neige, à Marche en Famenne.

L’école + du soleil, ça change l’enfance !
Cinq, six kilomètres plus loin, les gosses-rieurs quittent la piste de sable. Joseph et moi sous le soleil, avec une petite voix solitaire qui chante à une dizaine de mètres de nous. La petite voix se rapproche imperceptiblement durant plusieurs kilomètres, mètre par mètre, et saisit ma main.
Après d’autres centaines de mètres, dialogue entre Joseph et la gamine de 8, 9 ans.
Moi : Qu’est-ce qu’elle dit ?
Joseph : Elle dit qu’elle aimerait devenir ta femme.
Moi : Tu lui dis que je pourrais être son grand-père.
Joseph traduit, la petite main qui chante quitte la mienne, prend une autre piste (dur d’échapper à sa gueule de visage pâle et à tous les clichés qui vont avec… BORDEL !)

Toujours mardi, vers 14h, le nez sur la falaise de Bandiagara. Là, on rigole plus. Faut monter, escalader, en chier. Le campement est de l’autre côté, on n’a pas le choix. Joseph se la joue cabri et moi, je fais ce que je peux. Je triche, je prétexte que le paysage est beau, que ça vaut une photo, pour souffler. Pour parler.
Moi : Joseph, t’as plusieurs femmes ?
Joseph : Oui. Une ici, une autre à Bamako. Et toi ?
Moi : Une (vais pas commencer à expliquer que j’ai une amoureuse avec qui je vis pas, deux fils qui n’ont rien à voir avec elle… déjà que la veille, il m’a regardé bizarrement quand je lui ai dit que j’avais un vélo, pas de voiture, alors que lui se déplace avec un âne et une charrette)
Moi, encore : Tu es musulman ?
Joseph : Chrétien.
Moi : Alors, tu peux pas avoir plusieurs femmes !
Joseph : Si, parce que je ne suis pas baptisé. Et toi, t’as été baptisé ?
Moi : Oui.
Joseph : Alors, tu peux pas avoir plusieurs femmes.
Trop fort, ces Dogons. Quelques centaines de mètres plus hauts, il ajoutera qu’il est aussi animiste et que, donc, question femmes, il peut. Trop, trop fort ces Dogons. Encore plus loin :
Joseph : Tu sais, vous… vous avez la pension. Nous, il nous faut plein d’enfants pour « quand on sera vieux ».

 

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