Boyhood: Parce que la vie, quoi!

Claire W m’avait parlé de ce film, l’histoire d’un mec qui a filmé un gosse pendant douze ans. Pas voulu en savoir plus, l’envie de ne pas en savoir trop, d’être surpris. J’ai même cru qu’il s’agissait d’un documentaire. Avec Patricia Arquette ? Pas crédible. Par contre, l’idée d’un mec qui se fait son petit film pendant douze ans… Admiration pour les artistes obsessionnels.
A Bruxelles, on a loupé les séances de Boyhood. Trop tôt ou trop tard. On a vu  La chambre bleue  de Mathieu Amalric, d’après un bouquin de Simenon. Chouette film de vacances dans un cinéma désuet des galeries de la Reine, avec sièges déchirés et flagrances poussiéreuses, chaleur sans air co, silhouette bizarre passant d’un siège à l’autre puis disparaissant pour revenir deux rangées plus bas. Le cadre idéal pour du Simenon.

Retour à Liège. Quand le film commence, Mason a six ans… sa sœur, plus âgée de deux ans. Rapport frère-sœur au milieu d’un couple séparé. La mère qui porte tout, le père qui n’arrête pas d’inventer, de s’imaginer une vie romanesque. La mère, forcément névrosée. Le père, une vraie cours de récré pour les deux gosses. Un peu cliché mais.
Beaux portraits d’une vraie vie qui, à première vue, n’a rien de fictionnelle si ce n’est que c’est de la vraie vie pur jus qui va bien plus loin que du fait divers tapageur et hystérique en 5.1. Puzzle dans lequel chacun se sert, la vie all inclusive, buffet à volonté. A chacun de remonter sa propre histoire. Les années passent, la mère ne s’en sort pas avec des mecs plus banalement/brutalement répugnant l’un que l’autre, et le père qui finit par se caser avec une plus jeune qui a forcément des envies de maternité. Un peu cliché mais.
Trois heures! Pour la durée, j’aurais pu me renseigner. Je me serais chargé en Dafalgan codéïne. Mal au dos, aux genoux! Mason a dix-huit ans et déjà une histoire d’amour foutue sur le coin de la gueule. Un petit mec un peu trop sérieux, pas assez insouciant pour une jeune fille. Portrait d’un gosse qui, contrairement à sa sœur, a toujours eu du mal avec la légèreté.

Quand tout se rallume, Claire W a aimé mais me dit que la fin, la séquence amoureuse juste avant l’entrée à l’unif, c’était un peu longuet voire un peu fadasse/gnangnan/cucu/cliché. Suis pas d’accord. Quand on se retrouve dehors, devant le Sauvenière, suite de la discussion avec moi toujours pas d’accord, qui retire le cadenas du vélo. Sophie B qui vient reprendre son vélo, sortait de Boyhood. On parle. Sophie B a aimé mais. Elles parlent. Claire de la fin qui, Sophie de l’enfance de Mason qui, bof « Parce que la vie, quoi ! ». A chacun de remonter sa propre histoire en partant de celles des autres. Ou inversement.
Trois heures avec des acteurs qui grandissent/vieillissent, un metteur en scène qui filme son histoire une fois par an pendant douze ans. Puzzle où le temps qui passe, et la vie des acteurs et du réalisateur Richard Linklater,  participe forcément de la construction du film.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s