Birdman, un homme sans ailes

Lui, il était juste heureux de sa fin à lui avant qu’elle ne lui donne sa version à elle, après qu’ils l’aient vu deux fois. Elle est persuadée que Birdman est mort pour du vrai quelques minutes avant le début du générique. Que l’envol qui suit n’est que la métaphore d’un père et  de sa fille qui se retrouvent enfin. Lui, jusque là, il aimait ces dernières minutes où père et fille s’étaient retrouvés dans la vraie vie d’aujourd’hui. Les trois autres ont également aimé, sauf les dernières minutes qu’ils qualifient d’hollywoodiennes. Elle et lui ne sont pas du tout d’accord avec les trois. Discussion à cinq à La Diode.

Il y a les plans séquences de couloirs qui mènent à la scène du théâtre (la vie selon Carver?), la batterie obsédante, ces répliques crues (on partage un vagin à deux), ces répliques évidemment évidentes (la popularité est la cousine vulgaire de la célébrité). Il y a les plans séquences, sans la moindre coupe, jamais, qui passent d’un personnage à l’autre, d’une vie à l’autre en trifouillant les regards de l’un et l’autre. Il y a ce mec qui veut retrouver ses ailes, et voir à nouveau tout d’en haut.

Elle, elle parle d’Othello, du maquillage d’Othello et de Orson Welles. Lui, il parle des plans séquence de Citizen Kane et du petit nez d’Orson Welles qui ressemble au premier nez de Birdman. Ils parlent de cette boule à facettes qu’est ce film (égo/suicide/art/téléréalité/père-fille/père-ex/survie-gloire/survie-baise/vulgarité classe/vulgarité vraiment vulgaire/mort-vie-pourquoi?/cul-baise-amour?/bander-aimer/critique d’art/branleurs/alcool-alcool-alcool/vraie vie?/fiction?/Avengers-Icare).

Pourquoi le théâtre serait-il l’apanage des seuls intellectuels serrés-du-cul à la culture suffisante? Pourquoi le cinéma serait-il réservé au peuple cara pils un peu-ringue gras-du- bide? En quoi l’univers glauque de Carver est-il supérieur à la galaxie des super héros? En quoi les personnages alcoolisés et prolo-populo de Carver seraient-ils la proie de ces seuls bourgeois intellectuels à la rondelle stressée, trente ans après la mort de l’auteur? (cela dit -toute proportion gardée!- il en va de même avec le cinoch des Dardenne brothers et leur public bobo souffrant d’indigestion compassionnelle dé-culpabilisante… peut-être -bien que!- gagneront-ils enfin un public populo trente ans après leur mort!).

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