A propos de 4 bandes dessinées, de rock et de New-York

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Il y a des « trucs » qui vous assomment, vous scotchent. Je ne me lasserai jamais de Lucy in the sky qui sera le berceau de mon attirance irrationnelle pour le psychédélisme qu’il soit rock-kraut-free-électro, de « Heroine/Velvet Underground » et ses guitares rêches à deux ou trois accords maximum et sa rythmique tamtam qui m’emmèneront dans le rock crade-minimaliste-bidouillé tout en me renvoyant aux rythmes africains intra-utérins.
Element of crime. Un film couleur rouille avec des images glauques-surréalistes. Je n’ai jamais voulu le revoir, pas envie de polluer les images de la première fois. Quand je pense à Element, je me revois le voir en soirée au creux d’un automne pluvieux-glacial alors qu’il s’agissait d’une après-midi d’été où je m’étais réfugié dans un cinoch près de la Grand- Place pour échapper à la chaleur. Ah oui, au même moment, j’ai découvert Tapiès et ses couleurs rouilles. Le premier, avec une amoureuse. Le second, grâce à une amoureuse. La même amoureuse dans les deux cas. C’est une histoire qui dura.

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Quand je suis tombé sur Silence de Comès, c’était dans une librairie en face du cimetière d’Ixelles. Le mensuel A suivre. Début d’un Amour jamais démenti pour le Noir et Blanc, fin des années 70. La sortie de l’album, c’était dans une librairie de Louvain-la-Neuve, Le Courseur, où je jobbais, juste au moment du punk. Lien avec le N & B et l’auteur? Nada ! Comès, lui, n’écoutait que du jazz.
Dans Silence, une planche qui raconte une nuit d’orage en hiver. En quelques mois, je passais des bd qui disaient les orages avec des éclairs en lignes brisées jaunes, bariolées de brouuum-crac bien sonores, aux orages N & B de Silence . Comès règle le problème des éclairs sur un paysage enneigé avec deux fois deux cases absolument identiques.
Négatif/Positif/Négatif/Positif. Trait blanc sur fond noir/trait noir sur fond blanc. Orage dans l’hiver ardennais. Mort de l’onomatopée.
Un petit peu plus tard, deux planches de Munoz , double page torride mettant en scène le détective has been Alack Sinner, et sa belle amoureuse black. Peau noire contre peau blanche avec une prédominance absolue du noir. Et, surtout, la dernière case, une conclusion panoramique de quelques mots à prédominance blanche et un avion traînant une banderole derrière lui : Invest in Love. Après, le New-York de Munoz et Sampayo rejoindra celui du Velvet Underground. Dans les mêmes mois, il y eut Taxi driver et Last exit to Brooklyn , bouquin de Selby, mon « Voyage au bout de la nuit » à moi. Raccourcis fantasmés en direct de New-York ! Quand j’ai rencontré Munoz à Milan, des années plus tard, il sera question uniquement de jazz et de l’album Calypso de Robert Mitchum. Moi, je m’en foutais du jazz ! Bien après, il y eut Television. Dans mon puzzle new-yorkais, j’ai failli oublier Woody Allen qui n’en a jamais rien eu à foutre du Velvet ou du Punk ! Et Jérôme Charyn, des années plus tard. La belle ténébreuse de Biélorussie , récit autobiographique new-yorkais avec sa mère dans le premier rôle. Aujourd’hui, j’aime toujours pas le jazz, je préfère les bidouilleurs d’Animal Collective.

Au début des années 90, pour le texte, il y eut une case de Couma aco de Baudhuin. L’auteur raconte son grand-père, John, un vieux pas vraiment un mec bien. Baudhuin gamin qui cherche le vieux et le trouve allongé sur la caillasse de l’arrière-pays niçois.
Voix off : Le dormeur du val était jeune, avait l’air de dormir alors qu’il était mort. John était vieux, avait l’air mort alors qu’il dormait.
Voix off qui m’ouvrit les portes d’une autofiction/autobiographie qui ne s’enferme pas sur elle-même, qui utilise des signes du dehors pour mieux montrer, rien qu’avec quelques mots. Graphiquement, la page précédente est bien plus belle !
Et je n’aime pas plus Rimbaud que le jazz !
J’allais oublier un autre New-York raconté en N & B, celui de Will Eisner, Un bail avec Dieu qui allait servir de charte graphique-littéraire à un genre particulièrement branché aujourd’hui, le roman graphique.

Quatre bandes dessinées enchevêtrées dans un amoncellement de petits mythes fondateurs.

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