Dehors, les argentins. Dedans, l’enfant mutant.

Samedi. Léon dort dans l’abribus, à trois mètres de la haie qui longe l’école. L’homme au chien n’est pas mytho! Ça, c’était vers 9h30. Le reste de la journée s’écoule dans l’attente collective d’un match de foot. Un enfant sans cheveux vient le voir. Sourire énorme barrant le visage de l’enfant mutant, les chimios ne l’ont pas encore éteint. Son visage le renvoie au film vu la veille: Under the skin.
Vers 18h, descente sur la ville. Direction le bistrot près du fleuve. Effervescence place Saint-Lambert, la même qu’on trouve en décembre sans les chalets, 20° de plus. C’est toujours ça de gagné! Des shorts, des drapeaux tricolores, des piercings gros comme des catadioptres au nombril. On ne peut pas gagner à tous les coups!
Près du fleuve, le match vu de la terrasse, à travers la vitre. C’est seulement à la fin de la première mi-temps qu’il apprendra que l’Argentine leur avait déjà mis un but.

Il se demande si la fille aux yeux gris souris était au courant du score.

Dimanche, 9h40. Il jette un coup d’œil à l’abribus. Personne. Pas de couverture, pas de petit homme rose allongé. Juste, un gros sachet poubelle gris camouflé le long de la haie, derrière un arbre. Respect à l’homme au chien, il avait tout bon! Un peu plus haut, un autre abribus et le vieux blues-man black allongé sur la banquette qui lui fait un signe de la main. Et si l’abri de nuit n’était qu’un artifice fictionnel!
La matinée s’effiloche. L’enfant mutant est venu le voir, ils ont joué et se sont touchés à travers la vitre. Aujourd’hui une casquette enveloppait son crane chauve. L’homme au vélo espère le revoir le we prochain, et puis le we d’après, et puis tous les autres we jusqu’à la fin du monde.
L’après-midi s’effiloche sans enjeu tricolore. Il reste un Grand-Prix, Wimbeldon et le Tour de France. Marc Ysaie est toujours en vacances, c’est toujours ça de gagné! Les autres de Classic 21 le gavent de U2 et de Led Zeppelin. Help!
En redescendant, il a freiné à hauteur de l’abribus qui longe la haie qui longe l’école. Il y a deux autres gros sachets cachés derrière deux autres arbres qu’il n’avait pas vu ce matin. Ce soir, il n’ira pas au bistrot près du fleuve.

Demain, la fille du fond du couloir exigera d’être un personnage récurent dans ses histoires. Lui sait qu’elle et la fille aux yeux gris souris ne sont qu’une seule et même personne.

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