Renault Trafic pour Bandiagara à 18 heures (petites suites maliennes)

Sevare. Dernier tronçon avant la falaise de Bandiagara, le plus court, le plus hard (c’est ce que J-M et Soumi prétendent). Il y a un Renault Trafic tôlé « Old generation ». Le proprio a disqué deux hublots de chaque côté pour faire de l’air. Le machin tôlé ne part pas avant 18h, il est 17h. J-M demande au grand coordinateur, le mec qui gère le flux des machins où l’on s’entasse, à combien on va se retrouver le cul sur des banquettes en bois « fait maison ». Le mec: 12. J-M méfiant voire, pour moi, un peu parano. Moi, un peu gêné. Le mec: Quoi, tu crois que je mens! Il n’y aura pas plus de 12 personnes et il partira à 18h. Surenchère dans la voix du mec. J-M en remet une couche question méfiance. Ça monte dans les tours. J-M remet en cause l’heure de départ et le nombre de passagers qui rentreront dans la caisse en métal roulante. Je suis encore un peu plus gêné. Soumi, lui, se tient à l’écart, regarde ailleurs, va pisser. On boit de l’eau tous les trois pendant une heure, la gueule assise juste en face du machin tollé, on va pisser à une dizaine de mètres, entre deux taxis cabossés. A 18 heures, on est dedans. Les banquettes en bois « fait maison » forment un U. Moi, croyant avoir davantage de place, je me suis rué dans un des deux coins, avec Soumi à ma gauche, J-M un peu plus loin sur ma droite. Et un haut parleur pourri presque au-dessus de ma tête (plus exactement au dessus de la tête de Soumi).
On part peu après 18h, une bonne douzaine dans le machin tollé qui s’arrête déjà une centaine de mètres plus loin. Une grosse-grosse-grosse jeune fille en boubou rose et au visage tout doux s’installe à la gauche de Soumi. Ça se resserre. J-M grommelle. Derrière, accrochés aux portes arrières, deux ados. Encore 300 mètres, nouvel arrêt. Les deux ados chargent des sacs sur le toit, deux gosses + mère rentrent. J-M grogne : « Hého, ça suffit ! » Le chauffeur et les deux notables assis devant n’en ont rien à foutre, le chauffeur monte le son. J-M : « Hého ! » Ça commence à rouspéter dans le machin tôlé. J-M : « On n’est pas des animaux ! ». Soumi regarde ailleurs. Moi, j’ai la patience infinie du mec qui découvre (pas sûr que je voudrais reconduire l’expérience).

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Contrôle à la sortie de Sevare. Un militaire vérifie les cartes d’identité et nos visas. De nouveaux arrivants profitent de l’arrêt pour embarquer. J-M gueule : « Hého, ça suffit, on n’est pas des animaux ! » Soumi regarde le plafond du machin tôlé. Ça repart, ça s’arrête aussitôt. J-M n’est plus le seul à gueuler. Ça gueule en bambara, et en français. Ça redémarre. Compote de genoux et purée de couilles au menu. Arrêt, les portes s’ouvrent. Une vieille monte avec une table basse en plastique brun. Là, ça gueule dans tout le fourgon. J-M, en chef de chorale. Ça gueule vraiment, en bambara et en français! Soumi, muet. Moi, je suis dans un autre monde. Je compte et je recompte. Ébahi. Dehors, le soleil se couche doucement, il doit être 18h30 à tout casser. Le machin tôlé s’arrête pour la neuvième ou dixième fois, les deux ados suspendus ouvrent les portes. Encore ! Je compte.

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17 adultes, dont trois grosses vraiment grosses-grosses-grosses (100% huile de palme), 4 enfants, une roue de secours, 3 ou 4 gros cabas, 1 table basse.

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