Petite liste de plans foireux ailleurs que chez moi

La fois où j’ai fixé un rencard à une ex en fin d’aprem (gare de Namur), persuadé qu’elle m’avait attendu plus de 3 ans. Elle, elle s’est rappliquée avec son mec (ils s’étaient mariés depuis près de deux ans) pour un resto à 3. Ils m’ont ramené à 3h00 du mat. Je me suis couché sur une banquette, j’ai attendu le train de 6h00 pour Liège.

Là fois où j’étais à Hull (en face d’Ottawa), que j’ai postulé pour un boulot d’éduc dans un centre pour ados autistes, que je me suis retrouvé avec un ado-autiste-blond pendant que l’équipe éducative m’observait derrière une vitre sans tain, à trois ou quatre mètres. Pendant deux heures, regard voilé. Rien. Nada ! Après deux heures de face à face silencieux, l’équipe éducative fait irruption, morte de rire, avec l’accent : « On t’a bien eu… il est sourd muet !
Là fois où je traversais la Turquie. Qu’on était en car, qu’il y avait deux chauffeurs, qu’il y a eu un changement de chauffeur, que le chauffeur fatigué est venu vers moi, qu’il s’est adressé à ma compagne pour lui dire que les femmes ne pouvaient pas s’asseoir à côté des hommes. Le chauffeur fatigué s’est assis à côté de moi, ma compagne juste derrière. Il a déposé sa main sur ma cuisse, l’a caressée. Elle, elle pleurait de rire juste derrière.
Là fois où j’étais éducateur. Je conduisais le petit car de l’institution (j’ai le permis D) avec une dizaine d’handicapés mentaux adultes sur les deux banquettes derrière moi (aujourd’hui, on dit « déficients mentaux adultes ».) Il pleuvait. Le bus s’est renversé sur le côté, le fermier du coin est venu le redresser avec son tracteur. On est reparti. J’ai dû m’arrêter toutes les cinq minutes : ils devaient pisser toutes les cinq minutes.

Là fois où je me suis retrouvé à Londres pour un travail de repérage sur une nouvelle bd (Taxi city). Le scénar, écrit depuis quelques mois, racontait l’histoire d’un jeune mec recherchant tous les endroits visités à Londres avec son ex, les vacances d’avant. Trois semaines avant le départ, je me faisais larguer. Trois semaines plus tard, j’étais dans la peau du jeune mec. Style « l’histoire dont vous êtes le héros. » Sauf que j’étais plus un jeune mec.
Là fois, où j’étais à Hull (en face d’Ottawa), que j’avais postulé l’aprem pour un boulot d’éduc dans un centre pour ados autistes, que j’avais la dalle en revenant, que je me suis rué sur le frigo des babas qui m’hébergeaient (j’étais aussi un peu baba), que j’ai vu un plat avec un tout grand cake, que j’ai tout bouffé d’une traite, que j’ai eu des hallus pendant une bonne partie de la nuit.
Là fois où je me suis retrouvé en panne de pq dans le pays dogon, victime d’un pollen du coin (j’avais tout gaspillé en m’essuyant le cul au lieu d’utiliser la coutume locale : la main gauche.) Le nez suintait, déluge dans la plaine de sable rouge. J’attendais la nuit, que les autres dorment, pour me moucher dans mes calebars des jours d’avant.

Là fois où, en Provence, on cherchait tous le chat roux des gens chez qui on logeait. Juste un peu avant, j’étais revenu en voiture de Carpentras. Le chat roux était sous la roue arrière gauche.

 

 

 

 

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