Où il est question de mousse au chocolat, de ma mère et de poppers

Il est addict à la mousse au chocolat. Même celle du Delhaize, la barquette de 500 grammes avec un drapeau belge sur l’emballage. Même que c’est quelque chose de pas facile à avouer à sa propre ma mère dont le statut facebook (pour peu qu’elle eût un mur sur lequel s’étaler, le rôle de mur étant tenu par le père jusqu’il y a peu) préciserait qu’elle est la reine de la mousse au chocolat, du cassoulet, des tomates farcies, de l’américain, de la moambe, de la moussaka, des croquettes au parmesan (pour les croquettes au parmesan, c’était vrai jusqu’il y a deux ou trois ans d’ici quand l’une des sœurs, un 25 décembre, la détrôna définitivement), de la mousse au chocolat et de la mousse au chocolat et de la mousse au chocolat. Le pied absolu dans un resto : commander une mousse au chocolat comme dessert et s’extasier alors que la première bouchée n’a fait qu’effleurer le palais. Et la figure maternelle d’aboyer : ça n’a quand même rien à voir avec la mienne ! Et le fils indigne de hurler son plaisir : je n’ai jamais mangé un tel délice. Et la figure maternelle de rétorquer au fils indigne qui s’extasie dès la première bouchée de mousse au chocolat étrangère : Chameau !

Je parcours le rayon boulangerie du Delhaize, d’un pas faussement indifférent, à la recherche du pain miel-noisette, m’évertuant à ne laisser transparaître aucune impatience dans ma démarche chaloupée (c’est elle qui dit qu’il a une démarche chaloupée et qu’elle adore ça), je scanne les étiquettes grâce à mes yeux de super héros à la dioptrie super négative. Trois ou quatre mètres plus tard, je repère le Saint-Graal. Deux, il en reste deux. Coooooooool ! Alors que je me prépare physiquement, comme un marathonien s’étirant tout le long d’une barrière Nadar avant le départ des 42,195 km, un vieux couple me dépasse à la vitesse de la lumière et s’empare fièrement des deux derniers.
Je hais les vieux couples ! Je hais les couples de vieux qui justifient leur immortalité à coup de holdup de pain miel-noisette. J’exige qu’on supprime leur pension, qu’on les condamne à roucouler sur les parvis des églises, à mendier des miettes de pain rassis.

j’aimerais pas du tout ça, prendre du poppers, même si ça fait rire. En tout cas, c’est ce qu’on dit. En tout cas, c’est ce que disent les gens qui connaissent des gens qui en ont pris.

 

 

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