la valise jaune, le camembert et le front Polisario (2/9)

Samedi 6/11/2010
Laayoune, ville nouvelle du Sud-Est marocain construite pour implanter l’autorité du royaume dans ce coin de désert revendiqué par les Sahraouis. Ville-mirage dans le Sahara (genre, toute proportion gardée, Louvain-la-Neuve du désert), ville où l’essence est la moins chère du pays histoire d’attirer l’implantation des gens du Nord. Présence militaire + base de l’ONU.

Halte 70 kilomètres après Laayoune. Trop fatigué pour retenir le nom du bled de ce soir. Plus on descend, plus le prix des nuitées diminuent. 45 en France, 40 en Espagne, 20 à Tanger, 13 euros ce soir (après marchandage, off course) Bientôt, on nous offrira le gîte et le couvert en Mauritanie (humour, rapport aux « coupeurs de route », spécialistes de la prise d’otage, spécialité mauritanienne). Drôle de journée à traverser le Sahara: désert de chez désert, coups de frein à donf pour éviter les ânes désœuvrés.
Des tons brique, ocre. Un ciel bleu qui frappe à travers le vent de l’océan. Et puis les contrôles de flics incessants à l’entrée et à la sortie du bled. Et plus on s’enfonce dans le Sahara, plus les contrôles sont fréquents. Flics bientôt remplacés par des militaires et des mecs de la sûreté. A Bamako, on apprendra qu’au moment de notre passage, l’armée marocaine se défoulait sur les Sahraouis pas très loin de là.
Le problème de l’annexion du Sahara espagnol n’est toujours pas réglé… la Mauritanie et le front Polisario le revendiquant également. C’est pourquoi on ne peut passer en Mauritanie que par le sud sud marocain, en longeant l’océan… JM m’expliquant que toute la frontière Est est minée.
Quant à la vie dans la bagnole, elle s’organise autour de discussions géo-politiques, d’histoire de femmes, de mecs, et tout ça. Sergent Peppers, une trentaine de fois depuis le départ. Faut dire qu’on n’a pas vraiment le choix vu qu’il n’y a qu’un lecteur cassette dans le Rav4…et les vieilles cassettes de JM…et que ça a mieux vieilli que U2 et Cure, hein ! Bon, ça commence quand même à sérieusement gonflé ! M’en fous, j’ai mon IPod le soir pour m’endormir.
On n’est plus qu’à 600 kms de la frontière mauritanienne. Demain soir, dormir à la belle étoile pour passer vite vite la frontière. Envie de Bamako ! Difficile de parler des couleurs, des odeurs (parfois, la charogne à donf: les animaux -chameaux, ânes- qui pourrissent sur le bord de la route), des toiles de fortune en plein désert, des chameaux – vivants, ceux-là – toujours en plein désert. De la traversée de l’Atlas, hier…du tagin de poulet qu’on va se faire ce soir. Difficile de parler des fromages de Belgique qu’on bouffe depuis mardi, du camembert qu’on a enfin terminé cette aprème vu qu’il avait tendance à se casser de sa boîte, à vivre sa vie après 4 jours dans l’habitacle. Difficile de trouver les mots justes pour traduire ce périple à deux.

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