Le blues d’un mec qui travaille à l’accueil d’un hosto

Pas d’oiseaux dans le paysage. Un mec qui vient demander si son pote est toujours dans la 215. Le disque dur et l’écran n’ont pas la réponse. Une vieille dame digne en vert pâle et bleu ciel au parfum suranné sort un billet de 100. Défilé d’accents et de tatouages. Épaules brûlées, premiers soleils de l’année. On dirait les occupants d’un camping à la fin juillet alors qu’on n’est qu’à la fin mai. Se dire qu’il est temps de retrouver son monde et les mots qui vont avec. Ça te va bien tes cheveux comme ça ! Une phrase de fille à fille la veille à une terrasse. Le mec qui sort de l’ascenseur qui vient dire que ce n’est plus son pote qui est dans la 215. Que c’est un autre mec qui est dans le pieu. Défilé de leggings et de marcels. On se croirait dans un camping sauf qu’il y a des soins intensifs à la place de la buvette. Tout là-haut, les extraterrestres s’en battent les couilles. Eux, ils veulent leur pack de carapils. La politique internationale, ils s’en battent les couilles. Envie d’écouter Tom Waits. Rain dog ? Peut-être. Ou Heartattack and vine. Surtout pas les deux premiers… ça, c’est sûr. Blues de blanc, beurk. Une femme au téléphone demande où est passé son pote de la 215 parce qu’on lui a dit qu’il n’y était plus. Dehors, le temps est à l’orage. Aujourd’hui, c’est le premier jour du ramadan. Ils ne faut pas chercher de lien entre les deux infos. De causes à effets.Juste des mots qui défilent à la queu leu leu. Pas de quoi différencier un fil blanc d’un fil noir. Le mec qui cherche celui de la 215 passe d’un pas pressé de l’autre côté de la vitre. Il prend l’ascenseur. Dehors, le problème avec le soleil, c’est la musique. Immense camping. Nostalgie partout. Dedans, dehors, des gangs de leggings et de marcels descendent sur la ville. Les bourges qui jouent aux prolos. Les mouettes et les pigeons se régalent. Les extraterrestres se marrent. L’extinction du monde occidental, ils s’en battent les couilles du moment qu’on ne coupe pas le pipeline de carapils. Le mec qui cherche son pote de la 215 sort de l’ascenseur, lentement. Il vient de croiser une infirmière. Elle lui a dit que son pote était mort la nuit dernière.

Une réflexion sur “Le blues d’un mec qui travaille à l’accueil d’un hosto

  1. Nostalgie partout, oui, je comprends…envie d’écouter tom waits aussi, moi, du coup. C’est la vie, qui n’attend pas…

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