Nowhere 1

Il y a un peu moine de 18 mois, il échangea sa  télé cassée (une vieille Panasonic d’avant les écrans plats) contre le cd collector de The boy with the arab strap. OK, le propriétaire du cd collector était persuadé que cette téloche était nickel. Le mec, il n’aurait jamais imaginé qu’un fan de Belle et Sébastien l’arnaquerait !

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Froid, froid aux yeux, sourcils amidonnés par le gel. Aujourd’hui,  The boy with the arab strap  entre le pouce et l’index de la main droite gelée (il n’avait jamais supporté les gants)  Il ouvrit la porte de l’appart de la rue Sainte-Marguerite, traversa le salon sur la pointe des pieds, s’arrêta devant leur chambre (ça serait bientôt la sienne à elle-rien-que-pour-elle). Super, elle dormait ! Pas de témoin.
Toujours sur la pointe des pieds, comme s’il frôlait le bord d’un précipice (juste sur le bord), il s’accroupit devant la chaîne hifi, ouvrit le tiroir du lecteur, y glissa le cd, se couvrit la tête d’un gros casque Senheizer, joua avec la télécommande, retint sa respiration. Play.

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Quand il la rencontra, ils s’accordèrent directement : le quatrième album  de Belle et Sébastien (ou troisième/la chronologie n’avait jamais été son truc) serait celui de leur rencontre. Mensonge! Il avait découvert  cet album bien avant leur rencontre (à sa sortie, fin 1998). Autre mensonge. C’était la troisième ou quatrième fois que The boy with the arab strap servait d’enluminure musicale à l’ une de ses idylles plus ou moins longues.
Il y a presque 18 mois, elle avait détruit leur cd dans une tentative désespérée d’annihiler le passé et toute trace de nostalgie, de remettre les compteurs à zéro. de ne pas se laisser piéger par une bande-son dépassée, avec la promesse d’un nouveau départ. Evidemment, ça n’avait rien changé !

Le troisième morceau, Ease your feet in the sea, son préféré. A sa sortie, il décréta que ce morceau serait celui de son île déserte. Petit coup d’œil vers la porte de la chambre endormie. La voix de Stuart Murdoch sur rythme hispano-brésilien avec la voix d’Isobel Campbell (Isobel, fantasme!) tout à la fin. Toujours sur la pointe des pieds (chaque fois qu’il fuyait, il se hissait sur la pointe des pieds), il entreprit une danse silencieuse. Gestes ondoyants. Magie ! Il se réappropriait encore une fois sa bande-son à lui, à nouveau prêt pour arpenter le bord de la falaise argentée. ll déposa le gros casque Senheizer sur le plancher, traversa le salon, referma la porte derrière lui. De l’autre côté, une cascade d’escaliers.

 

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