Un jour, j’aimerai Oasis (song-song 5)

En 1993, on a vu The Auteurs et Suede à la Brixton Academy (London.) J’ai aimé ça. Je passais leur premier cd en boucle bien avant de prendre l’Eurostar. On ne m’avait pas encore trop saoulé avec ce truc de Britpop (les Inrocks.) On parlait bien du retour du rock (les Inrocks.) Ça n’allait pas tarder à me saouler, ce truc de Britpop (les Inrocks.) Indigestion autour de 3 accords 1 milliard de fois entendus. Couplet-Refrain-Couplet-Etc. Guitare-Basse-Batterie-Voix. Groupes anglais englués dans la posture du « Meilleur groupe du monde ». Costard-Boots-Talonnettes-Arrogance.
Moi, j’étais encore sonné par la déferlante lente Yo la Tengo – Sonic Youth. Et l’hystérie Pixies. Alors la Britpop, à côté ! Tssss ! Autant comparer les Poppys à Bashung  Hého ! 
Et puis, les Américains et moi, on s’habillait tous pareil. Converse-jean-t-shirt. On n’avait pas besoin de talonnettes ! Et puis, les américains et moi, on avait déjà Nirvana. Et le grunge. C’était sale, le grunge ! Bon, d’accord, il y aurait les oubliettes pour le grunge. Mais Nirvana ! Hého ! Pearl Jam aussi. Moins mais aussi. Un an après, en 1994, il y aurait les 3 albums de Beck. Sorties simultanées. Tsunami. De la country punk à la hip Pop, en 3 volumes. Trop fort ! Ce ne sont pas ces chochottes d’Anglais qui… Il y aurait aussi le Weezer Bleu. Lui, je ne le découvrirais qu’au début du millénaire suivant. En même temps, à quelques semaines près, que le premier Gorillaz (j’aimais déjà la bd Tank Girl). Amour éternel pour le Weezer Bleu.

Et puis, avec moi, dès le départ, la Britpop n’avait aucune chance. J’étais encore subjugué par le premier lp des Stone Roses, le Loveless de My Bloody Valentine, les Jesus and Mary Chain (tous). Et puis, moi, j’avais pataugé dans les singles des Who, les symphonies Pop des Kinks, Hunky Dory de Bowie. Alors, ces chochottes d’Anglais avec leur mayonnaise foireuse 1/3 de Bowie + 1/3 de Beatles + 1/3 de Kinks ! Trois fois Beurk. Et puis ça faisait près de 10 ans que j’idolâtrais les Anglais tordus de Television Personnalities (Y avait pas photo !) Alors, ce ne sont pas tous ces gamins en costume moule couilles et leurs refrains lalalalala, et leurs bouches en cul de poule qui allaient me trouer le cul ! Oasis, Pulp, Blur, trois fois Beurk. Juste des groupes de cover. (Bon, faut reconnaître que ceux d’Oasis, pour les fringues, surtout Liam, ils n’hésitaient pas à faire dans le barlos).
Et puis, en 1996, ce sera définitivement trop tard pour la Britpop et moi. Il y aurait ces Anglais aux cordes vocales diaphanes qui ressusciteraient la Pop sucrée, élégante, voluptueuse. Question mélodie, il n’y a pas une seule de ces chochottes en costume moule couilles qui arriverait à la cheville de Belle and Sebastian. The boy with the arab strap en boucle.

Alors, le truc, c’est de savoir pourquoi, maintenant, peut-être. 
Vendredi soir, il y avait ce documentaire sur Arte. Ça m’a fait du bien de voir l’arrogance de ces deux gamins de merde. Gamins de merde qui se sont pris furtivement pour les rois du monde. On était au-delà de la posture Inrocks. J’ai aimé ça. J’ai repensé à un pote, un vrai, un fabuleux gamin de merde avec une belle gueule, qui avait tout ça dans les années 80. Lui, l’héro ne l’a pas lâché. L’héro ne pardonne qu’aux riches ! 
Et puis, dans certains morceaux, j’ai retrouvé le son envoûtant, hypnotique des Stone Roses. Bingo ! (Je suis un garçon facile). Et puis des mélodies bien torchées. Des chansons couplet-refrain-couplet distordues juste comme il faut. Et puis, cette époque de bien pensance manque cruellement de gamins de merde !
Alors, quoi ? 
Dans la seconde partie des années 90, je regardais deux petits mecs grandir en écoutant beaucoup de musique africaine (une histoire de racines). De toute façon, c’était déjà trop tard pour la Britpop. Alors, là, maintenant, je suis prêt pour Pulp et Oasis. Blur, je les ai découverts grâce à Gorillaz (le premier Gorillaz comme bande son commune aux deux petits mecs et leur père). Sans compter nos accointances communes, à Damon et à moi, avec la musique malienne ! Et puis, il y a un bon moment que le rock a cessé de me trouer le cul comme genre musical novateur alors je peux me lancer sereinement dans un travail d’anthropologue, sans aucune nostalgie (je ne suis pas nostalgique).

Et puis, dans la guéguerre Oasis vs Blur, il faudrait peut-être aller fouiner dans l’enfance des gamins de merde et dans celle de Damon Albarn. Un père manager de Soft Machine et directeur d’une école d’art, une mère décoratrice de théâtre pour Damon ; un père cogneur de gosses et une mère tabassée pour Liam et Noël. On est dans la lutte des classes, là. Manchester vs London.
De toute façon, ce n’est pas un mec qui se gargarisait de Woody Guthrie et de Pete Seeger pendant que ces potes écoutaient Led Zeppelin III qui va jouer au donneur de leçon ! Ce n’est pas un gosse qui quittait  précipitamment la table familiale chaque fois que la radio du salon passait Yellow Submarine qui va s’écrier : Beurk ! Trop commercial Oasis ! 
Il y a deux ans, j’ai trouvé mes Blur et Oasis. Kate Tempest et Sleaford Mods. Il y a 6 mois, je me suis acheté un super costard et des boots super classe. Je suis prêt pour l’hiver.

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