La liste de courses (notion fortement inspirée de Georges Pérec) et autres préliminaires

Le principe de « la liste de courses » me semble une étape primordiale avant de se lancer dans la phrase, le texte. Notre éducation nous a appris à « ne pas parler pour ne rien dire » Or, le problème est aussi crucial quand il s’agit d’écrire car … Continuer la lecture de La liste de courses (notion fortement inspirée de Georges Pérec) et autres préliminaires

Dedans, « 7 jours de canicule ». Dehors, Carcela vs Jean-Louis Aubert.

Ça se sent que c’est toi, ça se sent, ça se sent que c’est toi, twa, twwaaa-a, twwaaaaaa-a. Ta gueule Jean-Louis Aubert. Ta gueule twa aussi, Ça se sent que c’est toi, ça se sent, ça se sent que c’est toi, twa, twwaaa-a, twwaaaaaa-a. Ta gueule Jean-Louis Aubert. Ta gueule twa aussi, Mec-à-gauche du comptoir qui lit La Meuse ou Le Soir, c’est kif kif. Un café sans sucre et sans lait parce que le toubib l’a dit, 1 euro parce qu’il est pas encore 10 h. Un Mec-à-droite du comptoir qui lit Le Monde ou Libération. Kif kif, actionnariat fonds de pension. Faut savoir entre les lignes les Mecs! L’ordi off/on. Kiss kiss bank bank. 7 jours de canicule pendant 45 jours. J-44. Carcela sur le terrain contre Ostende? 7 jours de canicule, on l’a mis en ligne hier soir. 4 Kissbankers avant 10h du mat. Do you t yourself! 10 Kissbankers à 17h. Petit saut au Delhaize quand il y aura moins de monde à la caisse express. Fruits et légumes a dit le toubib. Et du vin? Un peu. Et Carcela, Sur le banc?

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/7-jours-de-canicule-bande-dessinee

canicule_couverture

Gigi la girafe et Pingouin (dépôt scam 2012)

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Dans une rue pas très loin d’ici, c’est l’hiver ou l’été. Ca dépend d’un jour à l’autre, on ne peut plus faire confiance aux saisons. Ca dépend d’une minute à l’autre, on ne peut plus faire confiance aux heures qui passent.

Alors, on voit des choses étranges. Des gens qui se promènent avec des ombrelles qui se transforment en parapluies ignifugées à la moindre goutte de pluie-acide. D’autres gens qui s’habillent de t-shirt bizarres tout courts qui se transforment en super manteaux, super chauds et super longs, au moindre flocon de neige. Et encore d’autres-d’autres gens qui suent des gouttes de glace parce que, vraiment, on ne sait plus quoi. (suite…)

Maman déménage sans papa

Première journée de Léo et Tom dans la nouvelle maison. Léo en est le narrateur.
(cette histoire a été écrite pour être illustrée/dépôt SCAM 2011)

-Léo, tu descends?
Çà, c’est maman qui m’appelle. Je la trouve bizarre. Il faut avouer que ce n’est pas un jour comme les autres.
Aujourd’hui, ma maman, mon frère Tom et moi, nous déménageons dans une nouvelle maison.
D’accord! Ce n’est pas vraiment une nouvelle maison!

Elle semble même très vieille. Mais comme dit maman, c’est une nouvelle vie qui commence. Sans Papa.
Elle est bien plus petite que l’ancienne. Maman dit que c’est normal parce qu’elle est toute seule à payer le loyer.
Quand on l’a visitée la première fois, mon grand frère râlait: Maman lui avait promis une chambre pour lui tout seul. Comme avant.

Avant, on était tout le temps à quatre: Maman, Papa, Tom et moi.
On allait à la piscine à quatre. On allait au cinéma à quatre. On allait en vacances à quatre. On faisait tout à quatre.
Dans la maison d’avant, il y avait plein de bruit. Des rires et des disputes. Tom et moi, on se chamaillait beaucoup.
Maman et Papa aussi. Souvent. (suite…)

Lundi 02/09/2013 14h00 (Ostende 1/3)

Dehors, Ostende. Dedans, la version de Arno.

Il y a des souvenirs de gamin à la plage avec une mère qui préférait l’odeur âcre des sapins ardennais, avec un père qui rêvait de sable fin. Elle a très souvent gagné dans ce conflit brûlant de guerre froide. Alors, forcément, le gamin a la tête davantage emplie de souvenirs ardennais que d’odeurs côtières, avec comme figure de proue le grand-père maternel dans le rôle d’homme des bois.
Alors, forcément, quand il se retrouve lundi en début d’aprem dans le hall de la gare côtière avec son amoureuse, il ne sait plus trop quoi penser. Amalgame géographique entremêlant, confondant Zeebrugge, Nieuwport, Ostende, Le Coq, La panne. Faut dire que la mère avait fait fort en rebaptisant cette langue sablonneuse: « La merde du Nord ». Mais le temps n’a rien à foutre de l’Œdipe maternel et du portrait ombrageux du forestier à la moustache grise.

Aujourd’hui Marbehan, Bouillon, Han-sur-Lesse, Bohan- sur-Semois se confondent dans la même obscurité âcre d’un paysage boisé de guerre conjugale voire post coloniale.

Aujourd’hui, tout contre lui, il y a l’amoureuse qui rêve de coquillages. Et le gamin s’est promis que passé et présent ne se ferait pas la guerre. Il n’y aura plus jamais de dégâts collatéraux.

Dehors, la place du marché est le centre du monde

Invasion de Harley Davidson, landau, quad, depuis près de 3 semaines. Invasion de cabriolet sur la ville. Quatre ou cinq jours de beau temps et hop, ça décapote à fond la caisse. D’où sortent ces bagnoles neuves qu’on n’a pas vu pendant 9 mois? Ces mecs prennent-ils le bus les 9 autres mois? Soldes sur les capotes?

Invasion de filles toutes bronzées sur la ville.

Et spécialement aujourd’hui, place du marché, invasion de fanion noir-jaune-rouge, de vieille reine et vieux roi, de vieille Madonna au blouse et t-shirt à paillettes, de fanfare trombonnante, de vieux sujet se dégourdissant le poignet avec un petit fanion cheap noir-jaune-rouge.

C’est toujours le tour de France et il y a de plus en plus de filles sur des vélos de courses. C’est toujours l’été pour les cabriolets et les filles toutes bronzées.

Dehors, Henry Miller. Dedans, Don DeLillo.

Drôle de machin que de lire un bouquin prêté, emprunté, un bouquin qui n’est pas à soi, dont on n’identifiera pas la tranche dans la bibliothèque 3 ou 4 ans après l’avoir lu alors qu’on ne l’aurait de toute façon pas relu. Et si le bouquin est nul, on regardera le prêteur avec condescendance. Et si le bouquin est génial, on s’en voudra de ne pas l’avoir découvert avec ses propres sous.
Le seul vrai truc qui donne un cachet irrésistible au bouquin emprunté, ce sont, quand il y en a, les annotations au crayon ou au bic, discrètes ou bien appuyées, discrètes ou vindicatives. (suite…)

Dehors, Barry White. Dedans, Dafalgan codéïne.

Il y a les trucs qui ne changent pas comme la consanguinité dans le pouvoir avec les fils de, comme le mec bourré là au bar qui fait chier en réclamant du Barry White.

Il y a les trucs qui ne changent pas de dénomination, juste de fonction, comme le Dafalgan Codéïne qui épongeait les gueules de bois il y a vingt ans et qui aujourd’hui sert à camoufler les douleurs articulaires, comme le mec bourré là au bar qui a échangé Barry White contre Garcimore (sisi!)

Il y a les trucs qui foutent le vertige l’air de rien, insidieusement, décennie après décennie. Hier soir à la téloche, ils ont parlé du revival des années 90. Prise de conscience bizarroïde, celle de ne plus être vraiment là pour le revival des années 2010… et que le Dafalgan Codéïne et Barry White et Garcimore (sisi!) n’y pourront plus grand chose.

 

 

Dehors, la femme rose et le rocker. Dedans, de la daube.

Hier, peu avant dix heures, j’ai croisé la petite femme rose en jupe, courant/tirant son caddie.

La petite femme aux cheveux châtains et à la barbe grise, je la croise souvent du côté de Saint-Laurent quand je grimpe à Montegnée (mon boulot dans la vraie vie.) La petite femme à la barbe grise de trois jours, je l’ai déjà vue faisant la file devant une porte, style abri de nuit catho (y avait une statue de la Vierge grandeur nature), à Saint-Léonard, en face du cpcr. (suite…)

Dedans, dehors. Casa ou Aca (en vrac)

 

Dur de retomber dans l’écriture/ai décroché depuis quelques semaines, noyé dans l’univers de chaque étudiant/faut que je me reprenne là, tout de suite !

Début du mois avec In on the kill taker de FUGAZZI (longtemps réticent/ai cru que c’était du hard), après un jury bien-bien (fort-fort).

Pas moyen d’oublier la phrase d’une connaissance homo-écolo, mettant sur le même pied Hitler, Staline et Dutroux, génocides et faits divers, la justifiant par : tu comprends Michel, il faut se mettre au niveau des gens… ils ne sont pas tous universitaires (pd!)

Début de mois avec le nouveau LP de GNOD (mon nouveau groupe culte), d’un LP de CARIBOU, d’une bd L’heure du loup de Rachel Deville (un roman graphique, c’est plus classs).

Pas moyen d’oublier le début de discussion avec une connaissance hétéro-socialo à qui je faisais part de mon engouement pour les objecteurs de croissance et qui me rétorqua : tu comprends Michel, c’est avec ce genre de raisonnement qu’on accentue le chômage ! (‘culé!)

Débuts de moi, me lancer dans : un nouveau projet bd avec l’Amie du bord de l’Ourthe (roman graphique, c’est plus classs), l’écriture d’un nouveau spectacle avec l’Amoureuse (La marionnettiste, titre provisoire), un nouveau texte pour l’Amie canadienne de Ferrières.

 

 

Dehors, Pfff ! Dedans, Yeah !

800 000 neurones qui se cassent avec l’extasy. T’imagines?

Et la techno qui allait avec? Tu crois que c’était un hasard. Et Otis
Redding qui meurt 3 jours après Martin Luther King! Et liège 2015?
Un complot, je te dis. Et Kennedy? Je parle des deux. Toujours un
hasard? Mais maintenant, on sait que c’était un complot. Et tous
ceux qui sont morts d’overdose? Le problème, c’était la guerre du
Vietnam. Voilà ce que ça cachait, ces overdoses. Tu trouves normal
qu’une fille venue de la campagne se mette à l’héro alors qu’elle
commence à être super connue? Hein? (je suppose qu’il parle de
Janis Joplin)

En face du trentenaire-Duracelle gavé d’amphés, un grand asiatique
quadra-muet dans le rôle de l’interlocuteur qui dit oui-oui.
Et Henry Salvador qui chante le lion qui meurt ce soir.
Et le grand asiatique à lunettes qui prend la parole:
-Et quoi, pratiquement?

Et Henry Salvador qui créole maladie d’amour.

Dedans, il y a un chat. Dehors, il y avait un chat.

Samedi soir, je lui ai changé sa litière et je l’ai un tout petit peu incité à aller passer la nuit dehors. Seule garantie pour moi de me faire un café dimanche matin sans être submergé par des odeurs de déjections nauséabondes, de me balader pieds nus sans me prendre des « gravillons végétaux »! Et puis, une litière aussi immaculée qu’une dune vierge, ça le fait! Ça ferait presque « installation », la litière végétale dans le bac « plastique-fuchsia ».

(Samedi soir, au JT : les hutois n’ont pas peur des micro fissures et la centrale, c’est bon pour le commerce. Huy, le pays des zombies).

 

 

Dehors, ciel gris au-dessus de la rue de Campine

La voisine du dessus le héla du premier palier alors qu’il retirait le cadenas de son vélo. Il ne lui avait jamais parlé depuis son déménagement au rez-de-chaussée, il trouvait tout simplement génial d’avoir une voisine du dessus aussi discrète.

Plongée, contre-plongée, plongée. Petit conciliabule. D’accord, il s’occuperait de son chat pendant 3 ou 4 jours. Pour le chat noir, il était déjà au courant. Dès que la porte de la cour était entre-ouverte, le machin ronronnant s’invitait… et se faisait virer sur le champ (le con était étranglé d’un collier rouge avec clochette dorée… pas l’idéal pour squatter incognito)
Ça, c’était en septembre 2010. La voisine du dessus ne s’est jamais repointée, le chat du premier a entrepris une vaste entreprise de lobbying visant à se faire adopter par le mec du rez. Le mec a résisté juqu’il ya 5 ou 6 semaines, la faute à l’hiver qui n’en finissait pas. (suite…)

Dehors, au-dessus de l’escalator.

 

Il y a un mec en perfecto à l’entrée du Delhaize de l’Ilot, la cinquantaine chaussée d’Adidas, cigarette roulée entre les lèvres, qui regarde dans le vide au-dessus de l’escalator. Il m’a adressé la parole une fois, c’était pour me demander des renseignements sur mon vélo électrique. Me suis méfié. Ai cru qu’il allait me le piqué, j’ai rien pigé.
Le mec aux Adidas vertes regarde droit devant lui quelle que soit l’heure où je vais Delhaize. Je cadenasse mon vélo à la grille, il ne me reconnait plus. Parler, on dirait que pour lui, c’est fini! J’aime l’idée qu’il ait des raisons extraordinaires d’être là, bien romantiques, bien désespérées, bien lunaires. (suite…)

Jeudi 28/02/2013 14h29

Dehors, du soleil à Berlin. Dedans: Simon and Garfunkel

Sound of silence, hier soir, en buvant de la Desperados. Sound of silence, dans l’auberge de jeunesse, ce midi, en écrivant à coup de caféine.

Ce matin, vers 9 heures, envie absolue de me noyer dans la ville. Seul, évidemment. Trois jours que je veux remettre un pied dans les pas d’il y a trois ans avec The Band. Suis retombé par hasard sur le squat d’artistes d’Oranienburger str., je voulais retombé sur le squat en briques sales, paquebot échoué au milieu d’un quartier en briques sablées. Plus de squatteurs, que des cadenas et des chaines. Bien fait pour ma gueule ! C’est quoi cette idée à la con de croire que les squats sont immortels. (suite…)

Lundi 25/02/2013 22h58


Dehors, dedans: on a marché sur la lune  (falaise de Bandiagara 3/3)

Mardi 23 novembre 2010. Là-haut, 250 mètres au-dessus de la piste sablonneuse de ce matin, plateau lunaire, roche noire comme du goudron. Il est temps de redescendre par l’autre versant, le soleil qui va pas tarder à se casser. Lors de la grimpette, on a croisé un mec avec un casier de bière sur l’épaule, et une gamine qui allait chercher de l’eau avec une bassine là-bas tout en bas. Huit kilomètres aller et retour pour ramener une bière et de quoi se doucher.
On redescend, on longe les villages troglodytes abandonnés des télems, on atterrit dans un village dogon, on s’installe dans le campement. Une bière, deux bières, trois bières (juste avant l’ivresse, une petite pensée pour le mec remontant le casier de bière). On cause sous la pleine lune, dans un campement sans eau et sans électricité.
La lune, comme bougie.
On parle d’elle, elle éclaire tout.

(suite…)

Vendredi 22/02/2013 14h38

Mardi, 23 novembre 2010  (falaise de Bandiagara 2/3)  

On quitte Banani et on longe la falaise, Joseph et moi. L’Ami-voyageur nous rejoindra, peut-être ce soir, sans doute demain (début d’insolation). Dehors, le soleil de 8 heures du mat avec plein de gosses qui vont à l’école pieds nus dans le sable. Souvenirs d’un gosse à lunettes qui allait à l’école à pied dans 30 centimètres de neige, à Marche en Famenne.

L’école + du soleil, ça change l’enfance ! (suite…)

Jeudi 21/02/2012 19h43

Dehors, ici. Dedans, le Mali 1/3

Dimanche à Banani, le 21/02/2012, au pied de la falaise de Bandiagara, avec un baobab accroché à la paroi 200 mètres plus haut. Envie d’un peu de solitude.
Je choisis le bord d’une marre à la sortie du village pour me fumer une clope (de contrebande, évidemment). Le casque couvrant les oreilles, je fais semblant d’écouter mon I.Pod, histoire qu’on ne vienne pas me casser les couilles. La position favorite du voyeur (un casque et un I.Pod /volume sur zéro, évidemment). (suite…)