Un mec qui vient demander si son pote est toujours dans la 215. Le disque dur et l’écran n’ont pas la réponse. Une vieille dame digne en vert pâle et bleu ciel sort un billet de 100. Défilé d’accents et de tatouages. Épaules brûlées, premiers … Continuer la lecture de (instagram / dedans / dehors 4/4)
Il y a ce trousseau de 5 clefs et la haute double-porte sur le bord du trottoir bruyant. De l’autre côté, un large couloir avec, sur la gauche, installés sobrement sur un mur blanc, une brosse et une ramassette en acier ; et un vélo … Continuer la lecture de Le Voyeur et l’Artiste
Le problème ne se posait pas au saut du lit mais dans la salle de bain, une vingtaines de minutes plus tard, en sortant du bac de douche, quand son regard croisait son double embué. C’est à ce moment-là qu’elle décidait qui elle serait les … Continuer la lecture de La femme qui lisait sa vie
En 1993, on a vu The Auteurs et Suede à la Brixton Academy (London.) J’ai aimé ça. Je passais leur premier cd en boucle bien avant de prendre l’Eurostar. On ne m’avait pas encore trop saoulé avec ce truc de Britpop (les Inrocks.) On parlait … Continuer la lecture de Un jour, j’aimerai Oasis (song 5)
Le dimanche 7 octobre 2012, il avait décidé de s’emparer de Waiting for the sun, 500 pages de Barney Hoskyns racontant la musique de Los Angeles, des années 30 à Beck. Il y avait une dizaine de jours qu’il avait terminé Une voix dans la … Continuer la lecture de L’homme qui lisait sa vie
Aujourd’hui, il a vu pour la toute première fois la petite fille au chapeau rose / Hier, il a vu une maman-bobo s’inquiéter plus que de nature / Avant-hier, il a vu un vieil homme le nez sur une vitrine / ça fait plusieurs mois … Continuer la lecture de 3 Zooms (3 jours)
Ça gémissait, ça couinait, ça hurlait. Duo de râles. Cris rauques. Grincement de literie. Tête de lit tapant sur le mur. BAM-BAM-BAM. En haut, ça suintait d’en bas. ENCORE-ENCORE-ENCORE. Ça venait de la chambre d’en dessous. De l’appart du premier. Sexe hors piste. Mousson. Tsunami-sur-Lattoflex. … Continuer la lecture de 38, rue François Roffiaen (Bruxelles 3/3)
On entrait par la porte blanche qui n’était pas blanche dans les années 70 (murs en brique jaune, porte et châssis de fenêtres en vert sapin). On franchissait le couloir lugubre, on ouvrait la porte au bout qui donnait sur un jardin avec des parterres, … Continuer la lecture de 404, chaussée de Boondael (Bruxelles 2 / 3)
Il y a ces deux mecs qui débarquent de Charleroi à Bruxelles, au milieu des années 70. Le Premier était de Charleroi, ou de Fleurus. Des environs de Charleroi, ça, c’est sûr. Le Deuxième, lui, venait de Gembloux, cotait juste derrière le terrain du Sporting, … Continuer la lecture de 78, rue de l’Arbre bénit (Bruxelles 1/3)
Quand on n’est pas du tout nostalgique, on patauge dès qu’il s’agit de plonger dans sa ligne du temps perso. On y met rarement les pieds à moins qu’un fait divers vienne y mettre ses gros sabots. Aujourd’hui, en bossant, incidemment, sur internet, on tombe … Continuer la lecture de Une certaine génération (la mienne) 2/5
Une girafe rose sort des toilettes du rez-de-chaussée. La girafe rose a le teint blême. Lui, en face, derrière la vitre épaisse, il l’imagine étendue de tout son long dans le hall d’entrée. Il s’imagine alors téléphoner aux urgences afin qu’ils envoient quelqu’un. Mayday, Mayday, … Continuer la lecture de Un samedi, derrière une vitre épaisse
Ma mère en a pour plus longtemps que prévu / Où sont les toilettes ? / La femme masquée ne veut plus de chimio / Je comprends pas Pourquoi / La foire aux artistes-notables n’en finit pas / Où sont les urgences ? / Une … Continuer la lecture de Où sont les toilettes ? Où sont les urgences ?
Lui, aujourd’hui, il ne comprend pas ce que la femme de l’autre côté de la vitre lui a dit. Il lui dit qu’il ne comprend pas ce qu’elle lui a dit. Elle, elle lui répond « Attendez ». Elle retire de sa bouche un chewgum tout vert, … Continuer la lecture de les 15, 16 et 17 novembre 2018
25 / 10 / 2018 La tignasse auburn envahit la salle de kiné. Sa voix lui dit quelque chose. Il tente d’ajuster focale et reconnaissance vocale. Ça y est, il se souvient ! Il y a une dizaine d’années, son ordinateur et lui squattaient un … Continuer la lecture de petites chroniques de la fin octobre
Dans les années 60, il y avait dans Spirou une rubrique intitulée Les merveilleuses histoires de l’oncle Paul. L’oncle Paul était ce vieux fumeur de pipe qui, chaque semaine, racontait un bout d’Histoire. Pas nécessairement la grande Histoire. Juste un bout d’histoire, l’évocation d’une date, … Continuer la lecture de La bande dessinée dans ce qu’elle a de plus insupportable (pour moi) 2/5
Le soleil disparut sous l’horizon en quelques dizaines de minutes comme avalé par la mer du Nord . Une lune éclatante et pleine s’accapara aussitôt du ciel, abandonnant aux étoiles le rôle de vulgaires figurants. Un brouillard sonore et compact, constitué de notes éparses et … Continuer la lecture de Du sable dans les yeux 5/5 (dépôt scam)
Depuis plus d’une semaine, Wissant s’agitait de l’intérieur, un peu comme si ses habitants entreprenaient un nettoyage de printemps à la fin juin. Rien de spectaculaire, juste une effervescence. Des volets qu’on repeignait d’une couleur identique à celle de l’été d’avant, des chaises et des … Continuer la lecture de Du sable dans les yeux 4/5 (dépôt scam)
Le dernier vendredi de juin. Un zeste de soleil qui disparaissait, aspiré par la ligne d’horizon, alors qu’une amorce de lune s’épaississait à la verticale des dunes. – File-moi une canette, Roussette ! – Tu m’appelles encore comme ça et tu vas te la carrer loin … Continuer la lecture de Du sable dans les yeux 3/5 (dépôt scam)
Le vent soutenu des journées précédentes s’était converti en un souffle à peine perceptible masquant furtivement la chaleur de midi. Le cabriolet, une Alfa-Roméo Duetto Spider de 1968, rouge, décapotée, apparaissait et disparaissait du paysage hachuré de dunes. A 150 mètres, une jeep Willys kaki … Continuer la lecture de Du sable dans les yeux 2/5 (dépôt scam)
La mi-juin, peu avant midi, ciel bleu jusqu’au creux des vagues, Jeff fonçait la tête dans le guidon avec le vent qui glissait le long de ses côtes. Pas question de se priver de cet allié, prendre un maximum de vitesse avant l’entrée du bourg, … Continuer la lecture de Du sable dans les yeux 1/5 (déposé scam)
Il survole les terres perdues à grandes brassées d’air, à la recherche de celle qui rend la vie plus facile pour peu qu’on accepte de s’étendre dans le creux de son ombre portée. Il faut juste décider de l’intensité de la lumière, régler la focale, se … Continuer la lecture de Une princesse tutsi au pied d’un baobab majestueux
Il y eut Et moi et moi je suis tout nu dans mon bain dans la radio du salon et, le dimanche, chez les louveteaux, Écoute dans le vent. Fender vs guitare acoustique + harmonica. Arrogance du rock vs bombe atomique. Et La poupée qui fait non comme fantasmepubère. Découvrir Blowin in the wind et la voix de Dylan. Dutronc et Dylan, goût prononcé pour les voix nasillardes. Polnareff ? La voie androgyne qui mènera à Bowie.
Avec Dylan, il y aura l’éducation politique. Gratter plus loin pour arriver à une autre voix nasillarde. Woody Guthrie, label Chants du Monde, label communiste, avec traductions sur le rabat gauche. Chants de luttes, chansons qui racontent la solidarité et le chaos social. Pete Seeger, Martin Luther King, marche pour les droits civiques, contestation made in US, Vietnam, anticolonialisme, possibilité d’une révolution venue d’ailleurs, antimilitarisme (à ne pas confondre avec « pacifisme », d’où une certaine sympathie et bienveillance pour la future bande à Baader). We shall overcome. Dylan comme fil conducteur quand il s’électrise, passe à la Fender, balance des textes oniriques et suréalistes, rencontre the lady of the lowlands. Rien de tout ça chez Brassens, Brel et Ferré.
Yellow submarine, légèreté obsessionnelle,et Mrs Robinson qui mènera quelques années plus tard au cinéma US (se retrouver en kot à Bruxelles, rue de l’Arbre béni, à une dizaine de mètres du STYX et à quelques centaines de mètres du Musée du Cinéma, ça aide.) Impasse complète sur La nouvelle vague. Impasse presque complète sur Mai 68 (voir Daniel Cohn-Bendit aujourd’hui, ça justifie ce genre d’oubli.) Jan Palach s’immole devant les chars russes à Prague, traumatisme en Noir et Blanc, éclipse de l’âme. Napalm sur les rizières vietcongs, brûlures schizophréniques. Le Che qui n’était pas encore un poster rouge sang. Bienvenue dans l’adolescence. Welcome ! Tout ça avec Graeme Allwright comme traducteur monocorde de Dylan, Pete Seeger, Tom Paxton, Léonard Cohen.
Léonard Cohen et l’intime. Révolution introspective. Les sœurs de la Miséricorde, par exemple. Voix monocorde vs voix monocorde. Cohen vs Brassens. Et Cohen de chuchoter : Quand tu as commencé à m’aimer, j’ai commencer à jeûner. Y’a pas photo. Y’aura jamais photo. Comme si la langue française n’avait été fréquentable qu’en tant qu’outil de traduction. Quant à Brel, avoir une mère hystérique à la maison, ça n’aide pas ! La voix, les intonations, les textes de Brel. Maman sors de ma chambre, c’est MA chambre. Aucune possibilité d’identification. Quant à Ferré, sa voix, ses violons grandiloquents !
Avec Ferré, il y aura le dégoût d’une langue française prétentieuse et vaniteuse. Les futurs camarades staliniens ou/et trotskistes de Bruxelles, hipsters des seventies, la pipe coincée entre les dents en lieu et place des tatouages sur les avant-bras, n’arrangeront rien. Envies de licences de droit ou de psycho pour changer le monde « de l’intérieur ». Ferré leur offrira un dialecte anarco-bourgeois (Quand je vois un couple, je change de trottoir.) Brassens proposera des chansons pour se saouler mollement dans les bistrots bordant l’université. Brel partagera son trop plein de larmes faciles dans les bras de femmes et d’amis saouls.
Dix « chansons françaises » sans Brel, Brassens et Ferré
Traduction et version intégrale de Sad-eyed lady of the lowlands / Bob Dylan
ouf / ouf / wala / elle va me tomber dessus / moi parfois je sais plus si c’est un s ou un c / moi parfois je me trompe pcq nous les turcs on met s pour merci / lalalala les filles on a … Continuer la lecture de 4 princesses
Un jeune mec longiligne peroxydé à la terrasse du bistrot pas très loin du fleuve. En face, une jeune meuf aux lèvres boudeuses. Lui, il ne fume pas encore. Il se lève, va chercher un jeu d’échecs au comptoir. Il choisit une table au milieu, … Continuer la lecture de La meuf aux lèvres qui disent NON
– Oui, oui… c’est une bonne idée ! Lui, il venait de lui raconter ce rêve venu de la petite enfance africaine alors que sa chambre donnait sur l’arbre à boa. – Dis, ça serait chouette qu’on commence par ça ! Quand il était gosse, c’était carrément … Continuer la lecture de Et si on commençait par une forêt de bananiers géants !
Ce truc qui fait qu’un petit mec bigleux au bord de l’adolescence abandonne le repas (3 sœurs + mère + père) pour s’engouffrer dans le salon, direction la radio familiale (gros poste Philips). Ce morceau à l’intro tordue ou au riff envoûtant, juste ce truc … Continuer la lecture de à propos de l’obsession adolescente (song-song 3)