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On savait qu’il n’y aurait pas d’avions passé minuit, que les premiers charters ne décolleraient pas avant 5 heures du mat. Alors, on retirait nos salopettes grises, on prenait nos voitures et on sortait à Bruxelles. Je ne me souviens plus vraiment où. Quand on … Continuer la lecture de Camembert électrique, à coup d’oranges
T’attends depuis 9 heures du mat. Tu t’es fait tout beau, t’as mis ta veste en velours bleu pétrole, style rock star seventies. Juste par respect pour celles et ceux qui vont venir parce que c’est un moment un peu délicat pour tout le monde. … Continuer la lecture de solitude enamourée, bien que pas toujours
en face de moi, assis, un gros blanc-bleu-belge tient ses béquilles comme une kalachnikov / Stéphanie, si vous donnez la bonne réponse, vous gagnerez une tv écran led / papa, maman s’est fait toute belle pour te voir au parloir / les soins intensifs, c’est … Continuer la lecture de un dimanche dans un hôpital, avec la radio juste à côté de moi
Déjà que tu as expliqué au téléphone un paquet de fois que c’était un jour férié, voire même une fête religieuse, ce qui n’est pas facile à verbaliser pour un athée/agnostique/ païen/mécréant. Déjà que t’as dû digérer le jet lag Liège-Paris-Liège, le tout en 64 … Continuer la lecture de Juste un lundi qui s’efface
Il se souvient du nom de son premier mort, du lait d’ânesse, de Dark Side of the Moon, de Hélène, de la fille aux yeux bleus, du funérarium de Gembloux, de la voiture qui cramait sur une piste en pleine brousse. La voiture, c’était une … Continuer la lecture de A propos de Dark Side of the Moon, et d’autres choses
Il est addict à la mousse au chocolat. Même celle du Delhaize, la barquette de 500 grammes avec un drapeau belge sur l’emballage. Même que c’est quelque chose de pas facile à avouer à sa propre ma mère dont le statut facebook (pour peu qu’elle … Continuer la lecture de Où il est question de mousse au chocolat, de ma mère et de poppers
La Saab essaye de se faufiler, frotte, griffe, ailes contre ailes. Les flans de la suédoise sont cabossés et ça date pas d’aujourd’hui. Nous, on a laissé la voiture à 100 mètres d’ici. Les congolais, eux, la marche à pied, c’est pas leur truc. Grand … Continuer la lecture de Il était une fois Papa Wemba à Liège
A 10h00 du mat, les femmes et le vieux qui ressemble à « Kenny de South Park » boivent du vin blanc dans le bistrot de la place du marché. Sur facebook, Antoine est content. A 11h00, sms de Delphine : Livres arrivés. Lui, il râle parce … Continuer la lecture de Lundi, Antoine était vraiment super-méga content
Dans son bouquin 31 Songs, le romancier anglais Nick Hornby, l’auteur de High Fidelity adapté mollement au cinoche, évoque les morceaux de rock (pop, soul, punk) qui font partie de son patrimoine génétique. Ça va de Springsteen à Patti Smith en passant par Crazy horse … Continuer la lecture de à propos de Suicide
Ce n’était pas un adepte des fous rires. Son truc à lui, c’était les sourires en coin. Deux lignes verticales à la commissure des lèvres. Ou alors, des « Bin, mon vieux. » Pour un fils, se faire appeler « Bin, mon vieux ! », ça peut paraître paradoxal. Avec … Continuer la lecture de Un petit tour de 89 ans et puis s’en va
Tu entends venir Trouduc qui donne des petits coups de gaz bruyants des petits coups de frein brutaux qui s’amène à un bon mètre de ton garde-boue qui tremble comme une feuille morte prise dans une tempête automnale sur la planète mars et toi tu … Continuer la lecture de le scorpion au petit zizi, la bobo, le serpent-micro et le hypster
2 Tramadol samedi 09h20 / mal mon dos / le papa et l’adolescente sous chimio / un urgentiste qui fume comme un turc / des ambulanciers qui parlent des kgs qu’ils ont perdus / un ambulancier qui fait du culturisme / l’urgentiste qui vient causer … Continuer la lecture de tramadol, dafalgan codéine et chimio
Un mec de 60 balais en face de moi qui n’arrête pas de téléphoner. Il s’excuse chaque fois après avoir dit « Bonjour, je ne vous dérange pas ? » A chaque fois il parle de clef. Je comprends rien. Je me fais un cinéma. Il a … Continuer la lecture de Un lundi, dans un bistrot
On bossait à la Sabena dans le milieu des années septante. On était tous les weekends à Zaventhem. On faisait les 3 huit, on commençait soit à 6h00, soit à 14h00, soit à 22h00. On se retrouvait le soir chez Bernard quand ses parents se … Continuer la lecture de à propos de Gong (song-song 7)
Elle sautille dans la brume, gobe le moindre faisceau de lumière incandescent, passe brutalement de l’Enfer à la case Paradis sans la moindre transition, marche sur un bord de brouillard comme une équilibriste qui jouerait à qui perd gagne sans se soucier de la chute. Les bleus sur les … Continuer la lecture de Juste une femme qui court sur les nuages
En te levant ce matin, en tirant les rideaux de la chambre, en surfant sur météo.liège, tu sais que tu vas te geler les couilles sur ton vélo en remontant la rue de Campine pour ton rencard chez le dentiste, entre Ans et Grâce-Hollogne. Là-bas, … Continuer la lecture de Ce soir, ce sera cool !
lundi 1 A Saint-Joseph, un lit dans le couloir de physio. Le lit édenté crie en chevrotant « à boi, à boi, à boi ». La kiné lui dit que ça fait près d’une heure que le vieux est là, que les infirmières de gériatrie n’ont pas … Continuer la lecture de Une semaine, comme ça, en passant
Montée pluvieuse et glaciale vers Montegnée. J’ai croisé le black qui aurait pu être bluesman dans une autre vie, dans une autre ville, sur les berges d’un autre fleuve, de l’autre côté de l’Atlantique. On s’est pas salués. Lui, il regardait ses pieds, assis dans … Continuer la lecture de Petite chronique d’un samedi ordinaire à l’accueil d’un hôpital
La fois où j’ai fixé un rencard à une ex en fin d’aprem (gare de Namur), persuadé qu’elle m’avait attendu plus de 3 ans. Elle, elle s’est rappliquée avec son mec (ils s’étaient mariés depuis près de deux ans) pour un resto à 3. Ils m’ont ramené à 3h00 du mat. Je me suis couché sur une banquette, j’ai attendu le train de 6h00 pour Liège.
Là fois où j’étais à Hull (en face d’Ottawa), que j’ai postulé pour un boulot d’éduc dans un centre pour ados autistes, que je me suis retrouvé avec un ado-autiste-blond pendant que l’équipe éducative m’observait derrière une vitre sans tain, à trois ou quatre mètres. Pendant deux heures, regard voilé. Rien. Nada ! Après deux heures de face à face silencieux, l’équipe éducative fait irruption, morte de rire, avec l’accent : « On t’a bien eu… il est sourd muet !
Là fois où je traversais la Turquie. Qu’on était en car, qu’il y avait deux chauffeurs, qu’il y a eu un changement de chauffeur, que le chauffeur fatigué est venu vers moi, qu’il s’est adressé à ma compagne pour lui dire que les femmes ne pouvaient pas s’asseoir à côté des hommes. Le chauffeur fatigué s’est assis à côté de moi, ma compagne juste derrière. Il a déposé sa main sur ma cuisse, l’a caressée. Elle, elle pleurait de rire juste derrière. (suite…)
– vendredi matin, il neige et je croise un vieux avec un parapluie rose – au cinoch, quatre bandes annonce qui précisent chacune que le film se base sur des faits réels – rerererelire Anesthésie générale avec D – de la pluie après la neige … Continuer la lecture de Juste quelques jours
Ils étaient sans doute 4 dans la coccinelle. Lui, sur la banquette arrière avec Michèle et Bruno au volant, l’ex de Michelle (il ne se souvient plus si c’était Michèle/elle). Ils étaient ensemble depuis quelques mois. Il ne se souvient plus du quatrième. En tout cas, aujourd’hui, 11 janvier 2016, ce dont il est certain, c’est qu’il n’accepterait pas d’être enfermé dans une voiture avec une amoureuse et son ex sans qu’il y ait un quatrième voire un cinquième. Alors, on va dire qu’il y avait un quatrième. Il ne se souvient plus vraiment si l’ex s’appelait Bruno. Il se souvient d’un petit trapu qui était chauffeur routier. Et même, chauffeur routier, il n’en est plus certain. Ce qui est certain, c’est que le mec qui conduisait avait mis une cassette de Bowie. Hunky Dory. Lui, il avait quelques souvenirs bruyants de Bowie. Déjà, c’était le mec qui avait produit Transformer de Lou Reed (c’est Michèle/elle qui lui avait fait découvrir ce lp de l’ex Velvet). On était en 1975 et il était passé à côté de Ziggy, Aladdin et Pin ups. Trop kitsch, pas assez rugueux pour un fan de Woody Guthrie et des Stooges.
C’était un boulimique de musique qui passait l’argent de son abonnement de tram, de la bouffe et de ses fringues à acheter des vinyles chez Cado radio (à la Bascule, près du bois de la Cambre), préférant se taper 2 heures de marche jusqu’à l’ULB. Et quand il n’y avait plus les sous du bus, de la bouffe et des fringues, il mit une technique au point pour les piquer grâce à la parka kaki XXL que sa mère lui avait achetée. (suite…)
lundi 28/12/2015 Vers 13 heures, on quitte le bord du canal (Jacques Brel, je t’aime pas. Canal, je t’aime pas non plus). Jusque là, on avait eu le vent dans le dos. L’explorateur a parlé de s’arrêter pour manger avant le retour vers Ostende. Avaler un truc, quoi ! Sur sa carte, ça avait l’air d’un gros bled, Jabbeke. Alors, ils ont pris la route à gauche, celle qui avait l’air la plus large, la plus bordée de maisons, et donc de magasins, et donc de snacks. Ils déposent les vélos juste à côté d’un arrêt de bus. L’explorateur rentre dans une boulangerie qui fait boulanger-fromager-charcutier. L’aventurier cadenasse les deux vélos et le rejoint. Six ou sept personnes qui attendent que deux ou trois vendeuses leur adressent la parole. L’explorateur est à l’extrême gauche face aux salade de viandes, de crevettes grises, de céleri rave, de viande, de poulet. Il dit qu’il prendra un sandwich salade de crevettes grises. Moi aussi, dit l’autre. Et l’autre sort, laissant l’explorateur face à deux ou trois vendeuses.
L’explorateur ressort cinq minutes plus tard casqué avec son kawé jaune fluo et une gueule jusque par terre (par terre : des pavés). On y va, il dit. Ils y vont. Sans un mot, ils pédalent. L’explorateur trace, l’aventurier tente de suivre son sillage sur son vélo de tapette (ce sont mes potes qui le disent, même les filles). Retour vers Ostende et les narines de l’aventurier qui cherchent une odeur de bouffe au-delà du vent histoire que le visage de l’explorateur au kawé jaune fluo retrouve toute sa zénitude. Une odeur de bouffe, quoi ! STOP ! Des frites sur l’autre trottoir. Sourire sous le casque de l’explorateur. Pavlov. Frites. Pavlov. Frites. Demi-tour. Une friterie avec parking devant. L’explorateur rentre, l’aventurier cadenasse les deux vélos. Lui, il est content, il est debout. Assis sur une selle de vélo ou sur la chaise d’une friterie, c’est du pareil au même. Le problème, c’est s’assoir. Debout, c’est cool. La veille, en rentrant du resto kitsch, il a ressenti une légère gêne au cul. Contorsion devant le miroir de la salle de bain: bouton au cul. Fesse gauche. Pas grave. C’est pas son premier bouton au cul. Retour sur le menu. Balletjes + tomatensaus + frites = 8 euros. L’explorateur et l’aventurier salivent, attendent. L’explorateur lui explique alors la théorie du zigzag (j’y avais déjà eu droit vers 11 heures du matin et l’an dernier, à la même heure). L’autre se tortille sur sa chaise because bouton au cul qui vit sa vie. (suite…)
Lundi 21, la file d’à côté au Delhaize. – Moi, j’ai été prof à Saint-Bar (une vieille fort-fort ostéoporosée et souriante.) – Quand avez-vous été pensionnée ? (mère de famille, vu la quantité de bouffe dans le caddie.) – Il y a 26 ans … … Continuer la lecture de C’est long Noël
« Tu confonds tout ». L’argument choc quand on osait dire, en 2015, que Karbon Kabaret, c’était pas terrible du tout, juste un gros machin dégoulinant de beaux sentiments alcoolisés. Quand on osait mettre en cause le budget de ce truc, on s’entendait dire : c’est pas … Continuer la lecture de Juste un peu dans le KaKa
Lui, un casque sur les oreilles et Elvis Perkins, sa voix douce et ses orchestrations brumeuses comme bande-son d’un paysage gris qui défile sous un ciel gris et se confond avec le bitume gris de la route qui longe les rails. Sur la banquette derrière … Continuer la lecture de La mère, le père , les Tortues Ninja et Elvis Perkins