Catégorie : Petite chimie personnelle

Quel est le rapport entre Bob Dylan et Jacky Icks? Entre Animal collective et Dalva de Jim Harrison? Des textes qui ne sont jamais que des jeux de piste persos. Où je me fraye un chemin dans mon labyrinthe à moi sans en faire un piédestal pour mon ego. Simplement des bribes de « machins » qui ont été fondateur pour moi.

L’histoire du mec qui en prenait plein la gueule chaque samedi soir

Le vent glacial s’engouffrait dans son cou à travers les grosses mailles de l’écharpe verte. Il ouvrit prudemment l’œil droit comme si cligner des deux yeux comportait des risques conséquents. Il bougea à peine la nuque, se risqua à balayer du regard les contours du … Continuer la lecture de L’histoire du mec qui en prenait plein la gueule chaque samedi soir

Dehors, Lou Reed s’est cassé. Dedans, rien à voir avec la nostalgie!

Il y a quelques semaines, les facebouquetins célébraient l’anniversaire de la disparition (le mot est faible!) de Leo Ferré. Déferlante d’hommages rendus au barde chevrotant, racontant un monde qui n’a jamais été le sien (il le jure sur la tête de ses enfants, c’est peu … Continuer la lecture de Dehors, Lou Reed s’est cassé. Dedans, rien à voir avec la nostalgie!

A propos de 4 bandes dessinées, de rock et de New-York

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Il y a des « trucs » qui vous assomment, vous scotchent. Je ne me lasserai jamais de Lucy in the sky qui sera le berceau de mon attirance irrationnelle pour le psychédélisme qu’il soit rock-kraut-free-électro, de « Heroine/Velvet Underground » et ses guitares rêches à deux ou trois accords maximum et sa rythmique tamtam qui m’emmèneront dans le rock crade-minimaliste-bidouillé tout en me renvoyant aux rythmes africains intra-utérins.
Element of crime. Un film couleur rouille avec des images glauques-surréalistes. Je n’ai jamais voulu le revoir, pas envie de polluer les images de la première fois. Quand je pense à Element, je me revois le voir en soirée au creux d’un automne pluvieux-glacial alors qu’il s’agissait d’une après-midi d’été où je m’étais réfugié dans un cinoch près de la Grand- Place pour échapper à la chaleur. Ah oui, au même moment, j’ai découvert Tapiès et ses couleurs rouilles. Le premier, avec une amoureuse. Le second, grâce à une amoureuse. La même amoureuse dans les deux cas. C’est une histoire qui dura.
(suite…)

En sortant d’une expo de Comes (2012/Liège)

Je n’ai jamais très bien compris le désir de possession en ce qui concernait les planches originales de bandes dessinées. Pas trop de sympathie pour les collectionneurs (sorte d’animal psychorigide/obsessionnel/conservateur). De même, je n’ai jamais très bien compris le principe et l’utilité d’exposer des planches. Le bouquin, rien que le bouquin ! (Bon, okay… pour Comès, je veux bien faire une méga exception).

Pourquoi disserter du pourquoi du comment d’une dizaine de cases recouvrant un A3 quand l’objectif est de balader, d’engloutir le lecteur dans une histoire s’écoulant sur plusieurs dizaines de pages ? Pourquoi briser l’émotion d’un voyage par l’analyse masturbatoire d’un arrêt sur image ?
Pourquoi disséquer l’intro de « Lucy in the sky with diamonds » des Beatles ? Pourquoi se focaliser sur le passage compris entre les 15ème et 18ème minutes de « Element of crime » de Lars von Trier ? Pour moi, démarches typiques du cerveau occidental. Prédominance du raisonnement sur le geste. Je ne les nie pas, je m’en méfie. Je ne les rejette pas, je m’en méfie.

Je crois davantage à la « contextualisation » d’une œuvre qu’à sa dissection. Comment est-elle arrivée là ? Quel est le cadre qui l’a vu naître ? A quel moment de la vie de son auteur a-t-elle surgi ? En quoi sa région natale de Saint-Vith (cantons « rédimés ») a-t-elle acéré le regard de Comes ? En quoi la pratique de la batterie a-t-elle rythmé ses récits ? Quel est le rapport entre la brièveté des coups de baguette sur les cymbales et ses récits au long cours tenant plus de la retraite monastique que de la jam session ?
Mes questions à moi.